Nucléaire : La Russie estime que le Japon exagère la gravité de Fukushima

Le directeur de l’Agence russe de l’énergie atomique (Rosatom), Sergueï Kirienko, a déclaré mercredi que le Japon exagérait la gravité de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, peut-être pour des raisons financières.

M. Kirienko s’adressait à des journalistes à Sanya, dans le sud de la Chine, à la veille d’une réunion des grands pays émergents ou BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Le responsable russe commentait la décision de l’Agence japonaise de sûreté nucléaire, annoncée la veille, d’élever l’accident de Fukushima au niveau 7, le niveau maximal, sur l’échelle des événements nucléaires et radiologiques (INES), le plaçant ainsi au même niveau que la catastrophe de Tchernobyl. « Il est difficile pour moi d’évaluer pourquoi les collègues japonais ont pris cette décision », a déclaré M. Kirienko. « Je soupçonne que c’est plus une question financière qu’une question nucléaire. »

« Je suppose que cela pourrait être lié à la définition de la force majeure en ce qui concerne les assurances? Je crois qu’il faut regarder cela avec attention. C’est un peu étrange », a poursuivi le responsable russe. M. Kirienko a déclaré qu’initialement les autorités japonaises avaient cherché à minimiser le niveau de l’accident de Fukushima mais qu’à présent la situation à la centrale était en train de s’améliorer.

« Nos estimations ont montré que le niveau était situé entre 5 et 6. Aujourd’hui, il n’atteint pas le niveau 6 », a-t-il insisté. Après l’annonce que le Japon relevait de 5 à 7 le degré de gravité de l’accident de Fukushima, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait déclaré que la situation à Fukushima était « complètement différente » de la catastrophe survenue en 1986 à Tchernobyl (Ukraine).

Et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un organisme français, a souligné que les rejets radioactifs de Fukushima et leur impact, bien que « significatifs », n’étaient « pas comparables » à ceux de Tchernobyl. « Fukushima n’est pas et ne sera pas Tchernobyl », a affirmé un responsable de l’IRSN.

 

Sanya (Chine), 13 avril 2011 (AFP)