Nomination : Jean-François Pilliard devient président de l’Unédic au détriment de Geoffroy Roux de Bézieux

Jean-François Pilliard (Medef) a pris mardi la présidence de l’Unédic en remplacement de Gaby Bonnand (CFDT), dans une période particulièrement sensible pour l’assurance chômage en raison du nombre exponentiel de demandeurs d’emploi. 

Patricia Ferrand, en charge des dossiers emploi et chômage à la CFDT, a été élue vice-présidente par le Conseil d’administration, a annoncé l’Unédic dans un communiqué, conformément aux règles de présidence tournante tous les deux ans entre patronat et syndicats.

M. Pilliard, délégué général de la puissante fédération métallurgique du Medef, est président de la commission protection sociale du Medef. Il a été préféré au dernier moment à Geoffroy Roux de Bézieux pourtant président de l’Unédic de 2008 à 2010 et vice-président de l’organisme depuis.
Officiellement M. Roux de Bézieux, PDG de Virgin Mobile, est parti se consacrer à son entreprise face à l’offensive de Free Mobile. Mais, selon des sources proches du dossier, Laurence Parisot, patronne du Medef, préférait M. Pilliard, pour disposer autour d’elle d’une équipe de négociateurs resserrée dans un contexte économique chahuté et face aux échéances politiques.

Le nouveau président de l’Unédic a su rétablir la confiance du Medef envers l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), après l’affaire des retraits suspects des caisses de la fédération métallurgique. Il a par ailleurs mené pour le patronat les lourdes négociations sur les retraites complémentaires et la formation professionnelle.

La dette de l’assurance chômage devrait nettement se creuser à 15,4 milliards d’euros, contre 11 milliards en 2011. Pour se financer l’Unédic prévoit d’émettre environ 7 milliards d’euros d’obligations nouvelles, garanties par l’Etat. En janvier, l’agence de notation Standard & Poor’s avait dégradé la note de l’organisme à AA+, dans la foulée de la dégradation de la France.

L’Unédic n’est pas financée directement par l’Etat mais par les salariés et les employeurs, qui cotisent pour l’assurance chômage. Si la masse salariale diminue face à la hausse du chômage, les recettes de l’Unédic baissent donc également.