Chômage : L’Unedic s’attend à une dégradation de ses comptes et de l’emploi en 2011 et 2012

L’assurance chômage a rompu jeudi avec son relatif optimisme de mai dernier et table désormais sur une poursuite de la hausse du chômage cette année et en 2012 et le maintien de ses comptes dans le rouge, compte tenu d’un ralentissement de la croissance.

Les comptes de l’Unédic devraient enregistrer cette année un déficit de 2,4 milliards d’euros – 400 millions de plus que prévu en mai dernier- et de 1,77 milliards en 2012, contre un excédent de 272 millions d’euros prévu, a indiqué Gaby Bonnand, président de l’Unédic lors d’un point de presse.

Dès lors, la dette cumulée de l’assurance chômage continuera de dériver à 11 milliards cette année et 12,8 milliards en 2012, alors que l’Unédic pensait la ramener à 10,6 milliards en 2011 et 10,3 milliards l’an prochain.

La dégradation des comptes va de pair avec une détérioration prévue du chômage: le nombre de demandeurs d’emploi sans activité devrait progresser encore cette année de 36.700 et de 55.500 en 2012, alors que l’Unédic tablait en mai sur une baisse de 138.000 l’an prochain. Pour la catégorie des demandeurs d’emploi avec une activité réduite, la hausse prévue est de 65.700 en 2011 et de 89.100 en 2012.

Au total, fin 2012, 2,8 millions de personnes sans activité et 4,4 millions avec une activité réduite seraient inscrites sur les listes de Pôle emploi.

Autre perspective peu réjouissante: l’Unédic table sur une baisse des créations nettes d’emploi qui passeraient de 143.000 cette année à seulement 69.000 l’an prochain. Compte tenu de hausse escomptée de la population active- de l’ordre de 140.000 par an- ces offres d’emploi seraient donc insuffisantes pour faire reculer le chômage.

Ces prévisions plus pessimistes se basent sur un ralentissement escompté de la conjoncture: l’Unédic table sur une croissance de 1,7% cette année et de seulement 1,2% l’a prochain, nettement inférieure à la prévision du gouvernement (1,75%). Le bureau de l’Unédic se base, comme il l’a toujours fait, sur les prévisions d’un panel d’économistes, explique M. Bonnant.

Pour autant, “aujourd’hui, il n’y a pas péril en la demeure pour les finances de l’Unédic”, a assuré M. Bonnand en indiquant que le bureau de l’institution qui était réuni jeudi, avait demandé de “rester très vigilants et de suivre très quotidiennement la situation”. Compte tenu du contexte très chahuté sur les marchés, l’Unédic n’ira pas dans l’immédiat se refinancer à long terme sur les marchés obligataires et se contentera de marchés à court terme.

Avec AFP