Le crise du crédit a t-elle changé l’approche des entreprises en matière de gestion des risques ?

La crise du crédit et ses conséquences sur l’économie mondiale ont mis en lumière des failles dans la stratégie des entreprises, souvent impuissantes à anticiper les risques encourus et à les gérer. Ces failles ont entraîné des pertes d’activité et des réductions de bénéfice.

Dans quelle mesure les sociétés modifient-elles leur approche de la gouvernance du risque ? Qu’auraient-elles à y gagner ?

Commandité par ACE Europe et KPMG, un rapport de la Economist Intelligence Unit nous permet d’y voir un peu plus clair.

Mené dans le monde entier, auprès de 364 cadres, ce sondage révèle qu’aujourd’hui encore, ce sont essentiellement les opinions de quelques cadres dirigeants, membres du conseil d’administration, qui prévalent dans l’élaboration de la stratégie de l’activité.

Alors que la notion de “risque” est inhérente à la gestion globale d’une société, la gestion du risque reste le parent pauvre des conseils d’administration. Elle demeure une fonction à part, écartée des prises de décision majeures. Ainsi, seulement 47% des personnes interrogées estiment que leur société fait preuve d’efficacité pour établir une liaison entre le risque et la stratégie d’entreprise.

D’autre part, si les sociétés reconnaissent la nécessité d’accroître l’expertise du risque, elles sont réticentes à recruter des spécialistes de ce secteur. La création d’une culture du risque est un objectif. Il reste difficile à atteindre. Réussir à considérer la gestion du risque comme un catalyseur de rendement, et non comme une fonction de soutien autonome, demande un changement profond des mentalités. Par exemple, un directeur du risque sait que les facteurs susceptibles de nuire à une entreprise sont souvent improbables ou difficiles à prévoir. Il doit donc pouvoir se pencher sur l’anticipation et la simulation de situations. Or aujourd’hui, les sociétés en prennent souvent conscience après un événement défavorable.

Dans un contexte de crise, les risques sont amplifiés : la fraude devient un risque considérable. Les directeurs du risque pourraient à présent assumer un rôle plus stratégique afin d’obtenir des marges supérieures. Ils pourraient jouer un rôle dans les initiatives stratégiques clés, les fusions et acquisitions, la stratégie financière, les prévisions ou le développement. Mais pour cela, la gestion du risque doit devenir une fonction transversale. Ce changement de mentalité ne peut venir que des cadres dirigeants.

L’étude détaillée en français est disponible sur demande ou en suivant le lien :

http://www.aceeurope.fr/AceEuropeRoot/ACE+France/Press+Releases/2009/Audel+du+formalisme+une+nouvelle+re+pour+la+gouvernance+du+risque.htm