USA : un effondrement d’AIG aurait été catastrophique selon Geithner

L’ancien secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a réaffirmé mardi qu’un effondrement de l’assureur AIG en 2008 aurait été catastrophique pour la finance mondiale.

Appelé à témoigner dans le cadre du procès intenté par l’ancien PDG d’AIG Maurice “Hank” Greenberg contre l’Etat fédéral américain, M. Geithner a estimé qu’en volant au secours d’AIG, les autorités financières tentaient d’éviter la répétition des erreurs qui avaient conduit à la crise de 1929.

Il a souligné que toutes les décisions prises lors de la crise de 2008 allaient au-delà des scénarios catastrophe dressés avant la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers en septembre 2008, à l’origine de la crise. “La Grande Crise (de 1929, ndlr) était un exemple des échecs des réponses apportées” et les responsables de l’économie américaine essayaient d’être plus efficaces, a-t-il affirmé.

Maurice “Hank” Greenberg, 89 ans, reproche au gouvernement américain d’avoir spolié les actionnaires d’AIG, dont lui-même, lors du sauvetage de l’assureur pendant la crise des crédits immobiliers à risque “subprimes” en 2008.

Il réclame au moins 40 milliards de dollars de compensations.

Beaucoup de ce que nous faisions n’était pas dans le manuel. Nous étions vraiment au-delà des limites de ce qui était connu“, a déclaré M. Geithner interrogé par David Boies, l’avocat de M. Greenberg. Ce dernier affirme qu’AIG n’avait besoin que d’une aide financière mais que le gouvernement américain a spolié ses actionnaires en prenant le contrôle du groupe à hauteur de 79,9%.

Timothy Geithner était à l’époque gouverneur de la Banque fédérale de New York et, à ce titre, chargé de la supervision des grandes institutions financières, avant de devenir en 2009 secrétaire au Trésor. David Boies a notamment interrogé M. Geithner sur le point de savoir si AIG était devenue une institution insolvable ou souffrait de problèmes de liquidité passagers. Il l’a également interrogé sur les conditions dans lesquelles les autorités fédérales étaient venues renflouer d’autres institutions financières comme la banque Citigroup.

Il a également produit un document de la Banque fédérale américaine selon lequel le gouvernement pouvait gagner de l’argent en gérant AIG correctement après en avoir pris le contrôle, dans le but de prouver que son but était de réaliser un bénéfice.

Entendu lundi, le secrétaire au Trésor de l’époque Henry Paulson avait admis que le gouvernement avait fixé des conditions plus dures pour AIG que pour d’autres institutions financières. Mais “si AIG s’était effondré, il aurait entraîné dans sa chute l’ensemble du système financier américain et ruiné des millions d’Américains“, avait-il affirmé.

Washington, 7 octobre 2014 (AFP)