La Grande-bretagne bloque une réforme de la supervision financière

Les Britanniques continuent à bloquer une réforme visant à renforcer la supervision financière européenne, à quelques jours d’une réunion des ministres des Finances de l’UE qui va aborder le sujet, a indiqué jeudi une source européenne.

La présidence suédoise de l’Union européenne, qui veut trouver une solution sur ce dossier en décembre, va essayer d’obtenir un accord des 27 ministres des Finances mercredi prochain. Mais la Grande-Bretagne “continue à bloquer”, a indiqué la source européenne à l’AFP, après une discussion sur le sujet entre ambassadeurs des pays européens à Bruxelles.

Cette réforme prévoit notamment la mise en place de trois nouvelles autorités paneuropéennes chargées de surveiller les banques, les assureurs et les marchés, qui pourront imposer leur médiation entre les superviseurs nationaux, en cas de désaccord entre eux.

Mais la Grande-Bretagne, qui abrite le plus grand centre financier européen, la City, et veut préserver sa souveraineté nationale en matière de surveillance financière, y est hostile depuis le début. “Les inquiétudes britanniques dans ce domaine demeurent. Ce sujet va manifestement aller au niveau politique le plus élevé, ce qui montre combien cette question est importante” pour la Grande-Bretagne, selon une source diplomatique.

En octobre, les ministres des Finances de l’UE avaient discuté d’un premier volet de la réforme de la supervision. Il prévoit la création d’un organisme qui doit émettre des recommandations aux autorités nationales quand il détecte un problème important au niveau macroéconomique.

Mais les Britanniques avaient obtenu un délai pour que l’ensemble de la réforme soit examinée en un seul bloc en décembre, par les ministres des Finance puis par les dirigeants de l’UE, qui se réunissent les 10 et 11 décembre à Bruxelles.

Les Européens débattent de ce sujet depuis des mois. Après un accord politique de principe, la Commission européenne a fait des propositions en septembre, mais les discussions butent toujours.

Le ministre des Finances suédois Anders Borg avait prévenu début novembre qu’un échec sur ce sujet “serait très problématique pour l’Europe”, et montrerait que “nous n’avons pas tiré les bonnes leçons de la crise”.

Bruxelles, 26 nov 2009 (AFP)