International : La Hongrie adopte une taxe sur les assurances

Le Parlement hongrois a voté jeudi l’introduction d’une taxe exceptionnelle sur les banques et les assurances qui doit permettre de lever 200Mds de forints (près de 700M d’euros) dans le cadre des réformes décidées par le gouvernement pour réduire le déficit public.

Cette taxe, annoncée en juin par le Premier ministre Viktor Orban doit être appliquée dès cette année pour trois ans et équivaut à 0,45% des bilans respectifs des banques, à savoir la somme de leurs actifs et passifs. « La taxe est juste et nécessaire car elle sert les intérêts de la population dans une période très difficile », a affirmé le chef du gouvernement en début d’après-midi devant les députés réunis pour leur dernière session avant la trêve estivale.

« Les banques étaient à l’origine de la crise mondiale, il est normal qu’elles contribuent au rétablissement » d’une situation saine, a-t-il souligné. Les banques hongroises et étrangères concernées, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE), ont estimé que le niveau de la taxe constituait une contribution trop élevée.

Les délégations du FMI et de l’UE, en mission du 6 au 17 juillet en Hongrie, sont reparties samedi dernier sans accord avec Budapest. Estimant elles-aussi que les mesures envisagées par M. Orban allaient mettre en danger la relance de la croissance et affaiblir les banques, les deux institutions ont suspendu les négociations ainsi que le versement de la prochaine tranche du prêt de 20Mds d’euros accordé en octobre 2008 pour éviter la faillite à la Hongrie.

Selon le PSZAF (organe de supervision des institutions financières), l’argent généré par la taxe équivaudra à un tiers des bénéfices annuels réalisés par le secteur bancaire (130 sur 400Mds de forints) et près de la moitié de celui des compagnies d’assurances (36 sur 79Mds).

Pour atteindre l’objectif d’un déficit de 3,8% du PIB en 2010 et de 3% en 2011, outre par le biais de la taxe bancaire, le gouvernement veut par ailleurs réaliser une économie de 120Mds de forints (419M d’euros) dans l’administration publique, entre autres, en réduisant les effectifs de 15%.

Budapest (Hongrie), 22 juillet 2010 (AFP)