Edito : Rassembler (les assurés ?) pour mieux régner

Rien de tel qu’une cause commune pour rassembler l’assurance.
Deux ans après sa précédente communication qui était un satisfecit adressé au gouvernement et aux dirigeants européens après les positions prises en pleine crise financière, l’Association française de l’assurance (AFA) s’est fendue d’une lettre à destination des gouvernants.

Le propos, la taxation de la réserve de capitalisation, a fait l’objet d’une lettre signée des présidents de la FFSA et du Gema, le premier, Bernard Spitz étant lui-même le président de l’AFA.
Mardi, soit « quelques jours après l’envoi du courrier » selon une source qui a préféré rester anonyme, Les Echos publiaient un article sur le sujet.

Le quotidien économique affirmait avoir eu accès à « une copie » de la lettre. Après, ce ne fut que des sources anonymes, mais force est de constater que tout le monde a confirmé et repris l’info, a commencé par l’AFP et nous-mêmes. Nous nous joignons toutefois à la Lettre de l’Assurance qui regrette dans son édition datée du 14 octobre que ce contenu n’est pas fait « l’objet d’une communication officielle ».

Voilà comment, en quelques jours, un sujet du bras de fer assurance-gouvernement sortait aux yeux d’un (plus) grand-public. Signe, surement, que certains avaient intérêt à le voir sortir dans les médias. Le retentissement est resté assez confidentiel, se limitant à la sphère des titres couvrant l’assurance. Il n’empêche, beaucoup plus de professionnels étaient au courant.

Le 8 octobre dernier, l’Evening Standard livrait un article sur Solvabilité 2 (que vous pourrez lire ici). Dernier quotidien du soir à Londres, l’Evening tire à 600.000 exemplaire et est devenu gratuit en 2009, après son rachat par un homme d’affaire russe. Il semblerait que l’affaire marche.

Même si la vie des médias est en soi intéressante, c’est surtout le fait de voir sortir un tel sujet dans un quotidien grand public qui, ici, nous passionne. L’enjeu de solvabilité 2 n’échappe plus au quidam londonien, ce qui, vous en conviendrez, fait rêver en France.

Le journaliste explique très simplement les enjeux de Solvabilité 2, le côté positif de vouloir réglementer, le (l’un des) côté, plus contesté, d’uniformiser les placements et d’augmenter un risque qui se rapprocherait d’un risque systémique, selon ses dires.

Surtout, il s’appuie sur une démonstration simple : la National Grid, équivalent français d’ERDF, l’entreprise chargée du réseau de distribution d’électricité, est une entreprise privée, côtée en bourse, mais qui a besoin d’émettre des obligations à long terme pour financer son développement et son activité. Et si personne ne finance, que va-t-il advenir de la distribution d’électricité ?

Avec ces arguments, les Anglais sont parvenus à faire entrer Solvabilité 2 dans la sphère publique. Un bon moyen de faire pression consiste à rassembler, à (re)trouver une certaine unité. Mais il faut être patient. La preuve sous vos fenêtres chaque semaine depuis la rentrée…

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