Edito : L’assurance-vie est morte, vive l’assurance-vie ?

Depuis quelques semaines, il est de bon ton de parler des mauvais taux de l’assurance-vie.

« Placement privilégié des Français », « taux au plus bas », la fin d’un âge d’or est présent dans les têtes des assureurs, des journalistes, des commentateurs et il arrivera bien un moment où les assurés s’en rendront compte également.

Pourtant, soyons optimistes. Déjà parce que les Français sont pessimistes, et qu’ils vont sûrement continuer à investir leur épargne en 2011. S’ils n’ont plus foi en l’avenir, il y a fort à parier qu’ils vont aller au cinéma pour oublier leurs quotidiens moroses, comme le montre les chiffres des entrées explosant un nouveau record pour l’an passé, et qu’ils vont mettre de côté pour se couvrir contre un avenir toujours plus incertain.

Même les jeunes ont peur, ce qui n’est pas le genre de la jeunesse, enfin, ce qui n’était pas son cas il y a 30 ans. Aujourd’hui, ils sont à peine un peu plus de la moitié – 53% selon un sondage TNS Opinion pour La Fondation pour l’innovation – à se trouver un avenir prometteur. Dans les BRIC, ils sont tout de même entre 73% (Chine) et 90% (Inde) a avoir foi en l’avenir, les jeunes*.

Fatalisme ou ambition ?

Mettre de l’argent de côté, avec les taux bas du livret A qui se relèvent tout doucement, la réforme du PEL discutée mais pas encore réellement engagée, les complexité d’autres produits qui font appel à des actions, lesquelles ont bien mauvaise presse depuis trois ans, devrait pousser tout à chacun à se tourner vers des produits certes peu rémunérateurs, mais simples et sûrs.

Voilà donc que l’assurance-vie, la décatie et mourante assurance-vie, pourrait retrouver une place de choix assez facilement, non ? Elle pourrait aussi être un prétexte pour préparer la retraite ? Elle pourrait revenir dans le giron des assureurs et quitter l’image négative que lui ont donné les banques, avec ces histoires de méconnaissance des produits, de primes d’objectifs ou de commissions versées à des conseillers tournant ?

A mon avis, et ce n’est que l’humble avis d’un observateur très extérieur, il se pourrait même qu’il y ait là, en dépoussiérant la communication, en gagnant en transparence, en simplicité et en marketing, un terrain d’innovation à explorer pour redorer le blason de ce placement trop vite enterré, sur les dires et les analyses de spécialistes que, il faut bien l’admettre, la grande majorité des Français n’écoutent pas et donc n’entendent pas. Du moins pas encore.