Chronique : L’assurance-vie en euro fait de la résistance

Louis-Christian de Baudus, directeur de la rédaction de La Lettre de l’Assurance, revient sur l’assurance-vie et les fonds euros, condamnés et qui finalement…

« Assurance-vie en euro, chronique d’une mort annoncée ».
« La fin de l’assurance-vie à la française ».
« Assurance-vie : un modèle à réinventer »

On pourrait continuer longtemps le concours du titre le plus accrocheur sur la thématique de l’avenir du bon vieux contrat en euro.
« On » – comprenez la presse – écrit depuis longtemps que cette forme d’épargne a du plomb dans l’aile et que les épargnants seraient avisés d’aller voir ailleurs pour espérer du rendement.

C’est vrai qu’en 2012, il n’y avait pas besoin d’être Maya pour craindre le pire :
– l’environnement de taux historiquement bas ne permet plus servir grand chose sur les contrats. Et puis, les obligations d’Etats, c’est suspect…
– pas question non plus d’aller grappiller un peu de rendement sur les actions. Avec la crise, le succès de la manœuvre est devenu plus qu’aléatoire. En plus, comme pour Lance Armstrong, le dopage coûte cher et la perspective de Solvabilité 2 a incité les assureurs à prendre leurs distances avec cette classe d’actif.

Résultat, avec des performances en baisse continue depuis des années, l’écart avec la rémunération du Livret A, le pire ennemi de l’assurance-vie, se réduit de plus en plus.
Ajoutez à cela une inflation qui consomme de fait une part importante du rendement et des prélèvements sociaux au top de leur forme : le français avait toutes les raisons de dire crotte à son placement préféré. Sur toute l’année 2012, il a retiré plus qu’il n’a versé. Ca sentait la fin d’une longue et belle histoire d’amour…

Et pourtant… « On a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux » ! On constate que les rendements 2012 de pas mal de contrats ont fait mieux que résister. Certaines enseignes sur-performent même les rémunérations servies en 2011. C’est le cas de l’Afer. En 2011, les 3,43 % avaient déjà constitué une surprise. Plus dur sera la chute en 2012, prédisaient alors les mauvaise langues ! Résultat : 3,45 % ! + 0,02 point. Du coup, les mêmes mauvaises langues disent qu’on verra bien l’année prochaine…
Et l’Afer n’est pas un cas isolé. Les mutualistes – Matmut, Macif, Macsf et autres – ont tenu le choc. Ils pourraient bien, en 2013, faire du mal aux établissements qui auront servi les taux les plus faibles.

Louis-Christian de Baudus

Cette chronique a été publiée dans le News Assurances PRO Hebdo numéro 57