Chronique : Comment S&P note les assureurs Takaful (2ème partie)

Dans sa chronique du 3 avril 2014, Gwénaëlle Gibert, Associate Director Insurance chez Standard and Poor’s expliquait comment S&P note les assureurs Takaful. Afin de mieux illustrer son approche, elle développe ici un exemple théorique.

Prenons le cas hypothétique d’un assureur en Arabie Saoudite, à la structure simple mais bien géré et au succès grandissant. Le risque pays et industriel est estimé comme étant “intermédiaire” pour l’ensemble des assureurs que nous notons dans le royaume. La position concurrentielle grandissante de l’assureur, sans problèmes de rentabilité et avec une croissance en ligne avec nos attentes nous amène à considérer la position concurrentielle comme “adéquate”. Une position concurrentielle “adéquate” dans un contexte de risque sectoriel intermédiaire aboutit à un profil opérationnel “satisfaisant”.

De la même manière, le profil de risque financier pour notre assureur est largement déterminé par le degré d’adéquation de ses fonds propres, que nous supposons comme “adéquats”. En effet, le bilan de cet assureur ne recèle pas de risques complexes car les placements de cet assureur seront vraisemblablement principalement investis en dépôts ou en éléments assimilables dans une banque respectant la Charia et bien notée. De la même manière, sa capacité d’accès aux marchés de capitaux, en cas de besoin, ne poserait pas de problèmes particuliers. De ce fait, la position de risque et la flexibilité financière auraient un impact neutre dans notre analyse.

Notre modèle ajusté des risques prend en compte les besoins en capitaux de l’assureur en regard de son capital disponible. Dans ce cas, ils sont grandissants au fur et à mesure de sa croissance et de son exposition aux risques souscrits. Comme beaucoup d’assureurs en Arabie Saoudite, notre assureur type opère depuis moins de cinq ans et commence seulement à rétablir sa base de capital après des coûts de démarrage importants et des pertes techniques les premières années.

L’ensemble de ces éléments conduirait à une note intrinsèque indicative de ‘bbb’. Prenant en compte un impact neutre de notre opinion sur la gestion intégrée des risques (ERM) et la gouvernance de cet assureur, et compte tenu du fait que la liquidité n’est vraisemblablement pas un problème et que l’Arabie Saoudite est notée “AA-/Positive/A-1+”, la note finale de cet assureur serait vraisemblablement “BBB”.