Cesare Geronzi, un banquier influent à la présidence de Generali

Cesare Geronzi, l’actuel président de la banque d’affaires Mediobanca qui devrait être nommé fin avril à la présidence de l’assureur Generali, est un des banquiers les plus influents d’Italie, disposant de solides réseaux politiques.

L’air affable, le visage rond surmonté de grosses lunettes, ce banquier a su tisser sa toile durant des décennies au sein de l’establishment romain, fondamentalement politique.

Mais il a tout de même réussi à s’imposer dans l’élite industrielle et financière du nord en prenant la tête de la banque d’affaires milanaise Mediobanca et en s’imposant comme le successeur du Français Antoine Bernheim à la présidence du “Lion de Trieste”.

Cesare Geronzi est né le 15 février 1935 dans une famille modeste de la périphérie de Rome. Après avoir été comptable, il remporte en 1960 un concours lui permettant d’entrer à la Banque d’Italie. Il y fait carrière avant de quitter l’institution vingt ans plus tard pour devenir vice-directeur général de la banque napolitaine Banco di Napoli de 1980 à 1982.

Il occupe ensuite le poste de directeur général de la Cassa di Risparmio di Roma, petite caisse d’épargne disposant de 140 agences dans la région de Rome, à partir de laquelle il se lance activement dans la consolidation du secteur bancaire italien.

Au fil des années et des rapprochements avec l’historique banque de la papauté Banco di Santo Spirito, Banco Di Roma, Banco Di Sicilia puis Bipop Carire, il met sur pied en 2002 Capitalia, la quatrième plus grande banque du pays.

Geronzi devient ainsi l’un des grands ordonnateurs de la finance italienne, disposant de solides réseaux dans le monde politique romain, à droite comme à gauche. Il aurait d’ailleurs reçu l’appui du ministre de l’Economie Giulio Tremonti pour prendre la tête de Generali.

Le banquier se retrouve toutefois impliqué dans plusieurs affaires de faillite, dont celle du groupe agroalimentaire Parmalat en 2003, pour laquelle il est actuellement jugé.

La consolidation bancaire se poursuivant en Italie, le groupe Capitalia de Geronzi est absorbé par UniCredit en 2007 pour donner naissance à la plus grande banque du pays.

L’influent banquier décide d’abandonner la vice-présidence d’Unicredit qui lui était promise une fois la fusion achevée et se fait nommer président du conseil de surveillance de la banque d’affaires Mediobanca en juin 2007.

Prince incontesté de la finance romaine, ainsi que le décrit la presse, mais toujours pragmatique, l’homme de pouvoir se hisse ainsi à la tête d’une institution financière clé du capitalisme italien.

Mais loin d’abandonner Rome, Geronzi, qui est marié et a deux enfants, passe toujours une grande partie de son temps dans la Ville éternelle…

Milan, 3 avril 2010 (AFP)