Generali / Justice : 8 ans de prison réquis contre Cesare Geronzi dans l’affaire Cirio

Le parquet de Rome a réclamé mercredi une peine de 8 ans de prison contre le président de Generali Cesare Geronzi, en raison de son rôle présumé dans la faillite du groupe agroalimentaire Cirio alors qu’il dirigeait la banque Capitalia.

Le parquet de Rome a réclamé mercredi une peine de 8 ans de prison contre le président de l’assureur italien Generali, Cesare Geronzi, en raison de son rôle présumé dans la faillite du groupe agroalimentaire Cirio en 2003.

Une peine de quinze ans de prison a par ailleurs été requise contre Sergio Cragnotti, patron de Cirio au moment des faits, ainsi qu’une peine de six ans contre l’ex-président de Banca Popolare di Lodi, Giampiero Fiorani. Le parquet a requis au total la condamnation de 31 prévenus jugés notamment pour faillite frauduleuse dans la cadre de ce procès. La faillite de Cirio, en juillet 2003, a provoqué des pertes de plus d’un milliard d’euros pour les épargnants, une histoire qui a secoué le pays juste avant le scandale Parmalat qui a laissé un trou de plus de 14 milliards d’euros en décembre 2003.

L’affaire Cirio avait éclaté à l’automne 2002, lorsque le groupe, spécialiste des conserves de légumes et de fruits, s’était révélé incapable de rembourser une émission obligataire. Après une vaine tentative d’élaborer un plan de restructuration, Cirio a fait faillite fin juillet 2003. M. Geronzi dirigeait à l’époque la banque Banca Di Roma, devenue ensuite Capitalia, qui est accusée d’avoir organisé des émissions obligataires en cachant les risques aux épargnants alors qu’elle connaissait la situation financière de Cirio.

M. Geronzi, qui clame son innocence dans cette affaire et assure avoir toujours agi correctement, a confiance en la justice, a indiqué son entourage. Ce personnage influent et controversé de la finance italienne qui dispose de forts appuis politiques a eu d’autre démêlés avec la justice et est notamment jugé dans le cadre d’un procès concernant une des ramifications du krach Parmalat.

Le banquier a été nommé en avril dernier à la présidence de l’assureur Generali pour remplacer Antoine Bernheim. M. Geronzi est contesté actuellement et fait face notamment à la fronde de Diego Della Valle, patron de Tod’s et administrateur de Generali, qui a demandé sa démission.

Milan (Italie), 2 mars 2011 (AFP)