Belgique / Accident de bus : AG Insurance prépare les indemnisations des familles

Après le terrible accident de bus de mardi soir à Sierre (Suisse) qui a fait 28 morts dont 22 enfants, les causes du drame sont encore floues. L’assureur belge AG Insurance a annoncé qu’il prendra en charge l’indemnisation totale des victimes, mais cela devrait prendre plusieurs mois.

Contacté par News Assurances PRO, l’assureur belge AG Insurance (anciennement Fortis Insurance Belgium) a confirmé qu’il couvrait l’assurance RC de l’ensemble des autocars la société Toptours et qu’il prendrait en charge l’indemnisation de l’ensemble des victimes et de leurs proches.

« Comme le stipule le droit commun belge, nous sommes tenus à l’indemnisation totale des victimes, c’est à dire les dommages corporels et psychologiques », explique Gerrit Feyaerts, porte-parole de AG Insurance. « La loi prévoit notamment un montant de couverture maximal de 100M d’euros par accident, mais pour chaque victime nous allons faire des propositions d’indemnisation individuelles en nous basant sur un tableau indicatif qui sert de référence aux tribunaux », ajoute ce dernier. « Ce plafond de 100M d’euros vaut pour les dommages matériels », précise à News assurances Pro, Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia (la fédération nationale des assureurs belges, ndr). « Le montant d’indemnisation pour les préjudices corporels des victimes est lui illimité au regard de la loi belge », poursuit-il.

« Contrairement à ce qui a été écrit chez certains de vos confrères, le projet d’harmonisation européenne d’indemnisation des victimes (220.000 euros minimum par personne) n’est pas encore en place », tient ensuite à ajouter M. Feyaerts. « A ma connaissance, ce règlement européen sur le régime d’indemnisation de victimes d’accidents à dernièrement fait l’objet d’une adoption par le parlement, mais je ne sais pas s’il est politiquement applicable », explique de son côté Wauthier Robyns avant d’ajouter que « de toute façon, AG Insurance versera sûrement beaucoup plus que 220.000 euros aux familles des victimes ».

« Nous allons négocier les indemnisations avec chaque famille. La plupart des proches de victimes ont déjà une protection juridique dans leur contrat habitation au cas où ils se tournent vars la justice si le dédommagement ne leur convient pas. Mais le but dans ces circonstances dramatiques est de trouver l’arrangement le plus juste », conclut Gerrit Feyaerts.

Quels moyens d’assistance ?

L’accident tragique a engagé une logistique particulièrement impressionnante au niveau des secours. 60 pompiers, 15 médecins, 100 secouristes, 12 ambulances, 8 hélicoptères, 3 remorques et 3 psychologues étaient présents sur les lieux du drame. Dans ces situations particulières, les assisteurs ont également un rôle à jouer.

« Lorsque l’on est averti d’un accident grave et que l’information est confirmée, nous mettons en place une cellule d’urgence opérationnelle (avec des gens dédiés uniquement à cet évènement) », explique Jean-Louis Castaing, directeur adjoint des opérations d’assistance chez AXA Assistance France. « Nous envoyons ensuite rapidement sur place une équipe constituée d’un médecin, un infirmier, un psychologue et deux opérationnels logisticiens pour identifier la logistique et les moyens à mettre en oeuvre afin de pouvoir rapatrier les gens impliqués dans l’accident ».
 


Quelques heures après le drame, les familles des victimes ont été rapatriées dans la ville de Sion, proche du drame, certaines pour pouvoir reconnaître les corps de leurs proches. Des avions affrétés par l’armée belge ont même commencé à ramener certaines dépouilles aujourd’hui vers leurs régions d’origine. « Afin de faciliter certaines procédures administratives ou légales à l’étranger, la société d’assistance peut prendre en charge le transport d’un membre de la famille. Les psychologues sur place évaluent l’état des victimes, des familles en attente et de chaque enfant impliqué. Un suivi psychologique pour ceux qui le nécessitent peut également être pris en charge dans les contrats », ajoute ce dernier.


« Enfin, lors d’événements importants dans lesquels nous sommes impliqués à plusieurs assisteurs, nous pouvons communiquer et coordonner ensemble les moyens pour rapatrier des victimes. 
De la même manière, lorsque nous sommes plusieurs sur un même dossier, un assisteur peut se charger du rapatriement, l’autre de la prise en charge des frais médicaux sur les hôpitaux sur place », conclut Jean-Louis Castaing.

 Copyright : Denis Balibouse/Reuters