Allianz ne fait pas de complexes avec son exposition dans les “Pigs”

L’assureur allemand Allianz a nettement augmenté son exposition aux obligations grecques au premier trimestre et a souligné mercredi qu’il se sentait “très bien” avec son portefeuille.

Fin mars, Allianz détenait 3,3 milliards d’euros (en montant brut) d’obligations de l’Etat grec, selon son rapport trimestriel. Fin décembre le groupe possédait 3,5 milliards en brut –900 millions d’euros en net– d’obligations grecques, a précisé l’un de ses porte-parole.

Cela représente moins de 1% de l’ensemble des placements financiers du groupe, selon ce rapport. Le groupe ne prévoit pour le moment “aucun impact” de son engagement en Grèce.

Allianz détient également un total de 14,3 milliards d’euros brut en Irlande, Portugal, Grèce et Espagne, les pays de la zone euro dits “Pigs”, pour lesquels les investisseurs redoutent le plus une contagion de la crise budgétaire. “Nous nous sentons très bien” avec ces engagements, dont le niveau d’exposition est “tout à fait supportable”, a estimé Oliver Bäte, membre du directoire du groupe, lors d’une conférence téléphonique. “Ce sont des investissements à long terme, nous ne faisons pas de spéculation à court terme”, a-t-il ajouté.

Il a salué les mesures prises début mai par les Etats européens avec le Fonds monétaire international (FMI) pour porter secours à la Grèce et éviter une contagion à d’autres Etats de la zone euro.

Allianz s’est engagé avec d’autres grands noms du secteur financier allemand comme Deutsche Bank à ne pas réduire le montant de ses créances grecques arrivant à maturité d’ici mai 2013. Allianz va aussi acheter des obligations allemandes qui financeront les efforts du gouvernement allemand pour la zone euro, a rappelé M. Bäte.

Le groupe a publié mercredi un bénéfice net de 1,55 milliard d’euros au premier trimestre, contre 29 millions un an plus tôt, une hausse supérieure aux prévisions des analystes.

Ses revenus opérationnels ont plus que doublé dans l’assurance vie et santé ainsi que dans la gestion d’actifs, compensant l’assurance dommage qui a souffert d’un niveau élevé de catastrophes naturelles.

Francfort (Allemagne), 12 mai 2010 (AFP)