Urgence sociale : Les professionnels de l’hébergement social appellent à la grève

Les restrictions budgétaires qui touchent l’urgence sociale deviennent critiques. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 2 août 2011 pour protester contre cette situation que Xavier Emanuelli estimait n’être « plus gérable ».

Le sentiment que la situation de l’hébergement d’urgence est intenable enfle au sein des professionnels. La Coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale derniers appelle à la grève mardi 2 août, pour protester contre les réductions de moyens alloués à l’hébergement des sans-abris, qui ont été annoncées par le gouvernement en mai 2011. Ces coupes budgétaires, qui réduisent les moyens alloués à ceux qui n’ont déjà rien, choquent : « on ne tond pas un chauve », pouvait-on entendre hier sur France Inter dans l’émission Le téléphone sonne.

Des associations dénoncent les effets déjà visibles de ces restrictions de moyens. Entre la diminution de places d’hébergement disponibles, la saturation du samu social et du numéro d’urgence du 115, et les services d’urgence des hôpitaux qui se voient forcés d’accueillir des personnes sans domicile, la crise qui touchait l’urgence sociale s’est approfondie selon ces associations.

Aujourd’hui, selon des chiffres entendus au Téléphone sonne sur France Inter, plusieurs centaines de milliers de personnes sont considérées comme étant sans domicile fixe. Parmi celles qui n’ont pas accès à un hébergement d’urgence faute de place, environ 30.000 personnes dorment purement et simplement dans la rue, d’ autres ayant recours à des squats,

Les professionnels dénoncent dans un premier temps le non-respect de la loi de la part de l’État. En effet, celle-ci dispose selon eux que toute personne sans domicile à droit à un dispositif d’hébergement d’urgence et peut y rester jusqu’à ce qu’elle trouve une solution durable. Mais leurs revendications ne s’arrêtent pas là. Ils veulent être en mesure d’exercer pleinement leurs missions auprès des sans-abris. Celles-ci n’ont pas qu’un aspect matériel. Il s’agit aussi d’avoir les moyens de les soigner et des les accompagner socialement, car les personnes sans domicile sont souvent des personnes qui, de par leur situation et leur mise à l’écart dans la société, ont été rendu associables.

La grève du 2 août devrait servir à dénoncer la précarité de l’ensemble des conditions de travail des professionnels de l’urgence sociale. Ces derniers estiment que la politique du gouvernement qui privilégie l’accès à des logements de long-terme est inadaptée à la réalité, qui voit de plus en plus de sans-abris ayant besoin de solutions urgentes à leur situation.