Tribune : combler les lacunes de son programme mondial d’assurance dommages

Dans le cadre d’une tribune sur notre site, l’assureur mutualiste FM Global explique sa stratégie pour renforcer son programme d’assurance dommages à travers le monde.

A mesure qu’une entreprise se développe à l’international, elle doit composer avec les spécificités locales en matière de code des assurances, de réglementation financière et de degré d’exposition aux risques naturels. Les gestionnaires de risques ont souvent la lourde responsabilité de prendre des décisions d’assurance dommages aussi stratégiques que complexes. Mais même le plus aguerri des gestionnaires de risques peut omettre certains éléments dans sa recherche des garanties les plus performantes. Dans ce contexte, comment éviter les trous de garantie lorsqu’on élabore un programme d’assurance multinational ?

Garantir une cohérence mondiale

Pour commencer, un produit d’assurance disponible sur le marché mondial doit proposer une structure et une approche cohérentes. Cela signifie qu’il doit offrir le même niveau de service et de capacité de gestion des sinistres et reprendre les mêmes termes et conditions pour tous les biens assurés, et ce qu’ils se trouvent à Marseille ou à Milwaukee. Pour les gestionnaires de risques, l’enjeu est donc d’analyser très précisément les besoins de chacun des sites exploités par leur entreprise. Trop souvent, les trous de garantie résultent d’une différence d’évaluation des risques au niveau local par rapport au niveau global.

Éviter les complications dans le règlement des sinistres

L’ensemble des entités et filiales locales d’une entreprise doivent bénéficier du même niveau d’analyse. Pour qu’un partenariat assureur-client (sans oublier le courtier de ce dernier, le cas échéant) soit efficace, il est crucial de déterminer le degré de transfert de risque optimal, afin d’aller au-delà des garanties standard ou de la simple conformité à la réglementation locale. Des trous de garantie pourraient créer une ambiguïté et une incertitude quant au montant des indemnités versées en cas de sinistre, ce qui retarderait la reprise de l’activité. Quoi de plus déstabilisant pour un gestionnaire de risques que de se rendre compte pendant une situation d’urgence qu’il existe des trous de garantie entre les polices locales et la police master ?

Tirer profit de garanties étendues

Les besoins globaux d’un groupe industriel ou commercial ne coïncident souvent pas avec ceux de ses sites implantés à l’étranger. C’est pourquoi les gestionnaires de risques doivent inciter leur assureur à éliminer tout trou de garantie dans leurs produits et services, en premier lieu dans la police d’assurance.

Si, chez l’assureur, la police master et les polices locales sont élaborées par une seule et même équipe, le risque d’omettre involontairement certains éléments dans les garanties locales sera réduit. Un assureur chargé par un client d’émettre des polices devrait également disposer d’experts en sinistres habilités à régler immédiatement les sommes dues. Les chargés de règlement externes ne bénéficient pas toujours d’un tel degré d’autonomie, ce qui peut freiner le processus d’indemnisation.

Autre réalité dont les acheteurs d’assurance devraient avoir conscience : si les garanties locales ne sont pas adaptées aux risques locaux, il est possible que les indemnités liées à des différences de conditions et de limites doivent être versées au siège de l’entreprise. Au regard des réglementations financières en vigueur, il n’est pas toujours facile pour une entité basée au siège de transférer des indemnités à l’entité locale qui a subi le sinistre. Un problème auquel se sont heurtées plusieurs multinationales après le séisme de 2011 au Chili, dans la mesure où certains biens n’avaient pas été assurés de façon adéquate au niveau local par rapport à la police master émise pour le groupe. Les gestionnaires de risques doivent donc s’attacher à analyser chaque police dans le détail afin de s’assurer que les garanties et limites de garantie locales correspondent aux risques identifiés.

Du point de vue de l’assureur aussi bien que du client, la réglementation est généralement conçue pour protéger l’acheteur. Une police d’assurance doit respecter la réglementation locale. Pour éviter des lacunes dans ce domaine, assureurs, clients et régulateurs peuvent travailler ensemble pour veiller à la cohérence et à l’application équitable de la réglementation.

Mieux analyser pour mieux décider

Les gestionnaires de risques se doivent de connaître les caractéristiques de chaque site basé à l’étranger. Dans quelle mesure les zones de stockage sont-elles vulnérables ? Comment les stocks sont-ils organisés ? Quels sont les risques inhérents à un site, que ce soit en termes d’implantation géographique, de matériaux de construction ou de fiabilité des équipements ? Les vulnérabilités en amont et en aval ont-elles été évaluées ? Autant de questions à étudier avant la rédaction de la police, afin d’optimiser les garanties souscrites.

Une évaluation rigoureuse est indispensable pour cerner les spécificités de toutes les lignes de produits présentes sur un site donné. Une police d’assurance doit prendre en compte non seulement le bâtiment, le terrain et les équipements, mais aussi la valeur de chaque ligne de produits et le risque financier lié aux pertes d’exploitation. Prenons l’exemple d’un fabricant de pneus : l’une de ses lignes de production pourrait, en cas d’interruption de l’activité, engendrer des pertes de revenus plus élevées que les pertes associées aux autres lignes. Un gestionnaire de risques avisé doit être en mesure d’identifier ce risque.

La plupart des gestionnaires de risques travaillant seuls ou avec une petite équipe, des services locaux et une expertise technique dédiés leur sont essentiels pour mettre en œuvre une stratégie de gestion des risques efficace. Si un assureur connaît les biens d’une entreprise, il peut aider l’acheteur d’assurance à mieux comprendre les pertes potentielles et à déterminer les biens assurés et indemnisés en cas de sinistre. L’assureur peut également recommander des mesures de prévention des sinistres. Chaque assuré a une approche unique de la gestion et du transfert des risques. C’est pourquoi un contrat d’assurance doit refléter ces spécificités.

Nicholas Batten
Vice-président, directeur des services monde
FM Global