Séisme / Japon : la facture des réassureurs va croissante en ce début 2011

Le violent séisme au Japon vendredi, un mois après le tremblement de terre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, va encore alourdir la facture de réassureurs mondiaux très exposés ces dernières années aux catastrophes naturelles.

Vendredi les actions des réassureurs européens chutaient en Bourse: vers 13H00 GMT les allemands Munich Re et Hannover Re perdaient environ 5% chacun à Francfort, tout comme Swiss Re à Zürich et le français Scor s’effondrait de plus de 7% sur le marché parisien.

Un séisme d’une magnitude de 8,9 est survenu vendredi au large de la côte nord-est du Japon, suivi de nombreuses répliques et de tsunamis, déclenchant des alertes dans tout le Pacifique. Il s’agirait du plus puissant séisme jamais enregistré dans l’archipel nippon, selon l’agence de météorologie japonaise.

Il pourrait avoir causé des « dégâts considérables », a déclaré un porte-parole du gouvernement nippon tandis que plusieurs centaines de morts sont déjà recensés. « Après les inondations en Australie, le tremblement de terre en Nouvelle-Zélande et maintenant le séisme au Japon, la facture des réassureurs s’annonce déjà salée pour les premiers mois de l’année », a souligné un analyste spécialiste du secteur qui a requis l’anonymat.

Les réassureurs devraient être « nettement plus touchés » par la catastrophe que les assureurs primaires, car leur métier est précisément de couvrir les assureurs, a rappelé à l’AFP Christian Muschick, analyste de la banque privée allemande Silvia Quandt.

Le premier réassureur mondial, l’allemand Munich Re, « peut définitivement enterrer ses objectifs de résultats pour l’année en cours », a-t-il estimé. Jeudi, Munich Re avait averti qu’il ne parviendrait pas à atteindre en 2011 un bénéfice net stable à 2,4 mds d’euros si l’impact des catastrophes naturelles se révélait supérieur aux prévisions.

Or le groupe prévoyait déjà une charge d’environ un milliard d’euros liée au tremblement de terre de Christchurch en Nouvelle-Zélande en février et aux violentes intempéries en Australie en début d’année. « Nous avons beaucoup d’activités au Japon. Mais il est trop tôt pour évaluer notre exposition », a déclaré à l’AFP un porte-parole de Munich Re.

Swiss Re, deuxième réassureur mondial, et le français Scor faisaient aussi savoir qu’il était trop tôt pour avoir de donner des chiffres sur les conséquences financières de la catastrophe. Mais, selon une note du courtier JPMorgan Cazenove, le coût devrait se situer entre 1 et 2Mds de dollars pour les réassureurs européens. Une facture « gérable », juge-t-il avant de préciser que l’estimation est « très préliminaire ».

« C’est un gros séisme mais les dégâts sont visiblement moins importants que ceux causés par le tremblement de terre de Kobe » en 1995, étant donné que l’épicentre se trouve en mer et à proximité d’une région moins peuplée, a encore estimé M. Muschick.

En 1995, le séisme de Kobe avait coûté environ 3,5Mds de dollars au secteur des assurances pour un coût total de plus de 100Mds de dollars, selon Swiss Re. Il avait fait plus de 6.400 victimes. Comme la Californie, le Japon est « très bien préparé » à ce type d’événements et les réassureurs veillent particulièrement à limiter et diversifier leurs risques dans ces régions, a souligné M. Muschick qui prédit une hausse des tarifs de la réassurance.

Ce genre de catastrophe signifie « des revenus plus élevés un ou deux ans plus tard », souligne aussi JP Morgan Cazenove. En 2010, les catastrophes naturelles avaient déjà été coûteuses pour le secteur des assurances: environ 37Mds de dollars, a chiffré Munich Re.

Francfort (Allemagne), 11 mars 2011 (AFP)