Sécurité sociale : Les mineurs retraités manifestent à Paris pour garder leur régime

    Des centaines de retraités mineurs se sont rassemblés mercredi près de l’Assemblée nationale à Paris pour demander le maintien de leur régime spécifique de Sécurité sociale, menacé de suppression, et la revalorisation des retraites et pensions de reversion, a constaté l’AFP.

    Venus de tous les bassins miniers, aussi bien du Nord-Pas-de-Calais que de Lorraine, d’Alsace, d’Anjou ou du sud, retraités mineurs et veuves se sont réunis à l’appel de la CGT. Bien que des négociations aient été engagées avec le ministère du Travail et de la Santé, cette manifestation visait à obtenir le soutien des parlementaires.

    « Dans tous les bassins miniers, toutes les familles politiques nous donnent raison dans nos revendications, y compris le président de la République qui s’était engagé à ne pas toucher à nos acquis alors que dans la réalité c’est tout le contraire qui se passe », a déclaré à l’AFP Jean-Alain Barrier, de la fédération mines-énergie de la CGT.

    « Aujourd’hui les mineurs viennent dire aux parlementaires, « ça suffit les belles paroles, on veut connaître vos positions et le rôle que vous allez jouer au sein des groupes de l’Assemblée pour faire prendre en compte ces
    revendications » », a-t-il ajouté.

    Les retraités mineurs redoutent une dilution de leur régime de Sécu dans le régime général et veulent que les retraites et pensions de reversion aux veuves soient revalorisées car elles sont inférieures de 17% à celles du régime général. En 2001, elles avaient été alignées mais les mineurs partis avant 1987 (soit 80% de l’ensemble) avaient été exclus de cette revalorisation, selon la CGT.

    « Plus de 50% de nos veuves sont au seuil de pauvreté », a affirmé M. Barrier. « Je n’ai pas peur de dire que je vais aux Restos du Coeur et j’ai eu juste le temps de rattraper une dame de 78 ans qui voulait se suicider parce qu’elle n’y arrive plus », a affirmé à l’AFP une veuve de mineur de Meurthe-et-Moselle.

    Le régime minier, en vigueur depuis 1946 et auquel sont affiliées 179.000 personnes, combine une assurance-maladie, où tout est pris en charge à 100%, avec une offre de soins dans des établissements de santé dont certains sont en grande difficulté financière.

    Un rapport parlementaire, remis fin décembre au ministre du Travail, Xavier Bertrand, préconise de verser « le plus tôt possible » le régime de sécurité sociale des mineurs au régime général. Entre 5 et 7.000 affiliés meurent chaque année, selon ce rapport. Pour 2011, la commission des comptes de la Sécu prévoit un déficit de 62M d’euros pour sa seule branche maladie du régime minier.

    Paris, 20 avril 2011 (AFP)