Bonjour,
Dans le module 4, nous abordons les sanctions financières et administratives applicables en cas de fraude avérée en assurance. Vous me demandez :
→ Que voulons-nous dire par sanctions administratives et sanctions financières ?
→ La déchéance et la nullité sont-elles des sanctions contractuelles ou légales ?
→ Qu’en est-il précisément des sanctions financières ?
Je vais vous éclairer point par point, avec des exemples concrets pour illustrer.
Première partie de votre question : que recouvrent les sanctions administratives en cas de fraude ? S’agit-il de la déchéance ou de la nullité ?
Réponse :
Les sanctions administratives désignent les mesures prises par l’assureur ou les autorités pour sanctionner une fraude, en dehors des poursuites pénales. Elles incluent effectivement :
1. La déchéance du droit aux garanties (Article L113-8 du Code des assurances) :
→ Sanction contractuelle : L’assureur supprime le droit aux prestations pour le sinistre frauduleux
Exemple : Un assuré qui ment sur un sinistre auto perd le droit à l’indemnisation pour ce sinistre, mais son contrat reste valable pour les autres risques.
→ Base légale : Clause contractuelle + Code des assurances
2. La nullité du contrat (Articles L113-2 et L113-9 du Code des assurances) :
→ Sanction légale : Le contrat est annulé rétroactivement (comme s’il n’avait jamais existé) si la fraude porte sur des déclarations initiales (ex : antécédents médicaux cachés)
Exemple : Un assuré qui omet de déclarer une maladie grave lors de la souscription voit son contrat annulé ab initio (dès l’origine).
3. Autres sanctions administratives :
→ Résiliation du contrat : L’assureur met fin au contrat sans préavis (Article L113-16)
→ Inscription dans les fichiers (ex : AGIRA) : Blacklistage pour 5 à 10 ans, empêchant de souscrire de nouveaux contrats
→Signalement aux autorités (ex : ACPR pour les intermédiaires frauduleux)
Deuxième partie de votre question : quelles sont les sanctions financières concrètes en cas de fraude ?
Réponse
Les sanctions financières visent à réparer le préjudice de l’assureur et à dissuader les fraudeurs. Elles incluent :
1. Remboursement des indemnités indûments perçues :
→ L’assuré doit rembourser l’intégralité des sommes fraudées, majorées des intérêts légaux (3,5 %/an)
Exemple : Un fraudeur ayant touché 20 000 € devra rembourser 20 000 € + 3 500 € d’intérêts après 5 ans
2. Amendes contractuelles :
→ Prélevées selon les Conditions Générales (ex : 10 à 20 % du montant fraudé)
Exemple : 50 000 € de fraude → 10 000 € d’amende contractuelle.
3. Frais d’enquête :
→ Facturés au fraudeur (ex : 1 500 à 10 000 € pour une expertise médicale ou une enquête privée)
4. Pénalités administratives (ex : ACPR) :
→ Jusqu’à 100 millions € ou 10 % du chiffre d’affaires pour les assureurs ou intermédiaires complices
Contrairement aux sanctions pénales (prison, amendes pénales), ces mesures sont civiles ou contractuelles, mais peuvent être tout aussi lourdes financièrement.