Santé au travail : Un label en réponse au coût

Le stress au travail coûte cher aux entreprises, collectivités et aux assurances. La création d’un label pour les entreprises performantes dans le domaine est préconisé par un rapport parlementaire.

Un rapport parlementaire sur les risques psychosociaux publié mercredi le député Guy Lefrand (UMP, Eure) part du constat de « l’indéniable impact des risques psychosociaux (RPS) sur la santé des salariés » et indique que 20% des arrêts maladie de plus de 45 jours y seraient liés.

L’Union nationale de prévention des suicides (UNPS) indique qu’environ 400 suicides seraient également liés au travail sur environ 10.000 par an. Selon le rapporteur, ces problèmes de stress au travail « engendrent un coût économique important pour l’entreprise comme pour la collectivité », évalué entre 1,9 et 3Mds d’euros.

En 2009, il y a eu 142 demandes de reconnaissance pour des psychopathologies auprès de l’Assurance maladie. Un chiffre en augmentation par rapport aux 86 en 2008.

La création d’un label santé et qualité de vie au travail

En réponse, la mission d’information recommande une meilleure formation des managers, une labellisation des entreprises performantes en matière de santé au travail et un renforcement des comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT). La création « d’un label santé et qualité de vie au travail serait de nature à inciter les entreprises à mettre en place des actions concrètes dans le domaine des risques psychosociaux et permettrait de valoriser les entreprises soucieuses du bien-être de leurs salariés ».

Le rapport suggère également que ce label soit « délivré par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail » (Anact), dont la mission appelle à renforcer les moyens budgétaires (le budget étant de 11,8M d’euros en 2011). Le label pourrait s’accompagner d’une « charte d’intervention » que les signataires s’engageraient à respecter.

Former les élus des CHSCT

Il préconise également de développer la formation des chefs d’entreprise et des managers, jugeant ce point « prioritaire », et suggère que l’Etat organise « la labellisation des écoles qui mettraient en place un module de formation sur la santé au travail ».

Le rapporteur souhaite par ailleurs un renforcement des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et recommande de « prévoir une élection de ses membres au suffrage direct pour renforcer leur visibilité et leur légitimité », d’ « augmenter leurs moyens d’actions » et de « développer la formation des élus ».

 

(Avec AFP)