Risques / Assurance : “Les assureurs ne sont pas systémiques”, contrairement aux banques (Castries)

Les grands assureurs “ne sont pas systémiques” et la défaillance éventuelle de l’un d’entre eux ne menacerait pas le système financier, contrairement à ce qui peut être observé pour les banques, a affirmé mardi le PDG d’Axa Henri de Castries lors d’une conférence de presse.

Le patron de l’assureur français a appelé ainsi les régulateurs à faire preuve de discernement entre secteurs et à ne pas imposer à tous les mêmes contraintes.

L’Association internationale des contrôleurs d’assurance (IAIS) a indiqué récemment qu’elle mettrait en place, avec le Conseil de stabilité financière (FSB) et d’autres régulateurs, une “liste confidentielle” des établissements présentant un risque systémique. L’IAIS avait précisé que cette liste pourrait ne pas comprendre que des banques. Ces établissements pourraient être astreints à des obligations renforcées, notamment en matière de fonds propres.

Pour M. de Castries, “il faut respecter la diversité des espèces” et “ne pas vouloir mettre tout le monde dans le même costume”. Il a rappelé que le principal élément lié au caractère systémique était la liquidité.

La défaillance d’une grande banque peut créer, comme ce fut le cas pour Lehman Brothers, une crise de liquidité dans le secteur, poussant les banques à ne plus se prêter les unes aux autres. Privées de financement à court terme, certaines d’entre elles peuvent, à leur tour, connaître de graves difficultés.

Mais “les assureurs ne se prêtent pas entre eux” et ne sont donc pas dépendants les uns des autres pour leur financement, a souligné M. de Castries. Et “comme nous prenons l’argent d’abord et que nous ne sommes pas obligés de le restituer le lendemain, il n’y a pas de risque de liquidité” dans l’assurance, a-t-il ajouté.

Le modèle de l’assurance consiste à percevoir des primes qui doivent permettre d’indemniser un ou plusieurs sinistres. Mais tant qu’ils ne se sont pas produits, les assureurs conservent les primes et n’ont pas vocation à les restituer aux assurés.

Paris, 16 novembre 2010 (AFP)