Rio : Une trentaine d’assureurs s’engage en matière de responsabilité d’entreprise

En marge du Rio+20 le 19 juin, une trentaine d’assureurs mondiaux dont 3 français ont signé quatre « Principes » pour intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance à leur activité. Des principes qui restent flous et soumis à aucune obligation juridique.

Depuis plus de six ans, le secteur de l’assurance et l’ONU travaillaient ensemble pour se mettre d’accord sur des engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance. Quatre grands principes, négociés à la virgule près, sont ressortis de ce groupe de travail, qu’Axa a présidé de 2006 à 2010. La même Axa qui était fière de présenter à quelques journalistes du secteur jeudi matin, les résultats de ce long, long travail.

 « Nous intégrerons dans nos prises de décisions les questions environnementales, sociales et de gouvernance liées au secteur de l’assurance ». « Nous collaborerons avec nos clients et nos partenaires pour les sensibiliser aux questions environnementales, sociales et de gouvernance, les inciter à une meilleure prise en compte du risque et au développement de solutions concrètes. » « Nous travaillerons aux côtés des gouvernements, régulateurs et autres parties prenantes pour promouvoir une action globale en faveur des questions environnementales, sociales et de gouvernance. » « Nous communiquerons régulièrement et publiquement nos actions en la matière, de façon responsable et transparente. »

Voilà pour les principes. Une trentaine de compagnies ont signé pour le moment, un nombre susceptible d’évoluer tous les jours. Parmi elles, Axa donc, Scor et la Banque Postale. Premier hic, ces principes sont des principes, et sont non-contraignants d’un point de vue juridique. « Ce sont des déclarations d’intention, mais nous en faisons un sujet de culture d’entreprise », défend Jean-Christophe Ménioux, directeur de la gestion des risques qui s’est déplacé lui-même à Rio pour la signature.

Axa pionnier?

Chez Axa, qui se dit globalement en avance sur la question, tout le métier d’assureur est concerné, de l’investissement responsable au lancement de produit, en passant par la prévention. Les sous-traitants eux aussi sont concernés. La compagnie a introduit des modifications dans les contrats pour introduire des engagements supplémentaires, et a même réduit le nombre de sous-traitants avec lesquels elle travaille.  « Dans les nouveaux appels d’offre, nous intégrons de manière systématique la note EcoVadis ». Mais Jean-Christophe Ménioux le reconnait, « si les sociétés ne veulent rien faire, nous aurons du mal à les forcer ».

Du côté des investissements, Axa a dressé une liste d’une soixantaine de sociétés – dont nous ne connaîtrons pas les noms – exclues de l’asset management à cause de leur activité non conforme à ces principes responsables. Une liste plus réduite concerne elle l’activité d’assureur même : Axa refuse d’assurer les entreprises participant à la production de mines antipersonnel et de bombes à sous-munition.

Le socialement responsable, un atout en termes d’image de marque ? « Nous ne cherchons pas d’avantage compétitif à travers ces principes, a insisté Henri de Castries, PDG d’Axa. Nous n’attendons aucun avantage commercial immédiat. » Et du côté des résultats ? « Nous ferons un reporting annuel de nos actions dans un but de transparence ». Mais le « régulièrement » du 4e principe laisse entendre qu’il n’en est pas de même pour les autres signataires. Comme on dit, c’est l’intention qui compte.