Résultats 2010 : Axa affiche un bénéfice net en baisse de 24%, inférieur aux attentes

L’assureur français Axa a publié jeudi un bénéfice net 2010 de 2,749 milliards d’euros, en baisse de 24%, affecté par un élément exceptionnel liée à la cession d’activités au Royaume-Uni et inférieur aux attentes des analystes.

Cette moins-value de cession de 1,478 milliard avait déjà été comptabilisée dans les résultats du premier semestre. Elle est liée à la vente à l’assureur britannique Resolution d’une partie des activités vie, épargne et retraite au Royaume-Uni. Hors cet élément exceptionnel, le résultat net est en hausse de 18%.

Le résultat est inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 2,88 milliards, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires. Tout comme au premier semestre, le résultat opérationnel est en recul de 3%, affecté par l’assurance dommages (-2%) et surtout par la gestion d’actifs (-26%), qui pâtit d’un effet de base fiscal défavorable et d’une provision passée sur la filiale américaine Axa Rosenberg.

Le chiffre d’affaires global est en légère hausse de 0,9% à 90,972 milliards d’euros.

En assurance vie, épargne et retraite, le chiffre d’affaires est en légère baisse (-1,2%), mais la marge sur affaires nouvelles est en hausse de 18%, à 22,3%, grâce à la refonte de certains produits aux Etats-Unis et au Japon, ainsi qu’à la croissance dans les marchés émergents, notamment en Asie. Toujours en assurance vie, la France enregistre une baisse de 14% des affaires nouvelles et de 40% de la collecte nette. Une évolution attribuable, selon Axa, à une “politique de souscription plus sélective sur l’activité de particuliers” et à une “diminution du nombre de gros contrats collectifs”.

En dommage, le chiffre d’affaires est en hausse de 5%, en grande partie grâce à des relèvements tarifaires, de 3,8% en moyenne pour les particuliers et de 2,1% pour les entreprises. Pour autant, le résultat opérationnel de la branche dommage est en baisse de 2%, marqué par une légère dégradation de 0,1 point du ratio combiné (coût de l’indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues), qui atteint 99,1%.

En gestion d’actifs, le résultat opérationnel est en baisse de 26%, du fait d’un effet de base défavorable lié à un crédit d’impôt de 62 millions en 2009 ainsi qu’à une provision de 66 millions liée à la filiale Axa Rosenberg. Selon le gendarme américain des marchés (SEC), Axa Rosenberg, filiale à 100% d’Axa Investment Managers, avait décidé en juin 2009 de dissimuler à ses clients une erreur de codage informatique qui leur avait coûté quelque 217 millions de dollars. La SEC a annoncé, début février, qu’Axa Rosenberg avait accepté de payer 242 millions de dollars au total pour solder des accusations de fraude liées à cette affaire.

Axa avait alors assuré que cette amende n’aurait “pas d’impact significatif additionnel” dans ses comptes. Axa Rosenberg a enregistré en 2010 une décollecte nette de 29 milliards d’euros. L’autre grande filiale américaine de gestion d’actifs, AllianceBernstein, a subi une décollecte nette de 44 milliards.

En 2011, Axa entend se concentrer “en priorité sur l’accélération de la croissance profitable et sur les gains de productivité dans l’ensemble de nos lignes de métier”, selon le PDG Henri de Castries, cité dans le communiqué.

Paris, 17 février 2011 (AFP)