Reste à charge : L’impact des réseaux sur les dépenses… hors réseaux

Les plateformes de santé contribuent aussi à limiter les dépenses des assurés hors réseaux selon un rapport du cabinet Astérès pour l’Observatoire citoyen des restes à charges.

« Les pressions à la hausse sur les dépenses de santé sont très fortes et celles-ci augmenteraient de 5 à 7 % si on ne faisait rien », estime l’économiste Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet d’études et de conseil Astérès, qui présentait mardi 4 octobre un rapport de travaux commandés par l’Observatoire citoyen des restes à charge – créé en 2013 par le Collectif interassociatif sur la santé, 60 Millions de consommateurs et Santéclair.

En matière de dépenses de santé, « il faut parvenir à introduire des mécanismes de régulation qui ne soient pas administratifs, et de ce point de vue, les réseaux de soins conventionnés nous paraissent être une solution saine et naturelle », précise Nicolas Bouzou.

Avec des prix réduits, une qualité contrôlée et le tiers-payant accordé au sein du réseau, les actions des réseaux de soins bénéficient aux patients et doivent leur permettre de réduire leur reste à charge et contribuent ainsi à baisser le renoncement aux soins.

Ainsi, en optique, le réseau Kalivia (dont les actionnaires et principaux clients sont Malakoff-Médéric et le groupe Harmonie) aurait généré 200 millions d’euros d’économies grâce à ses conventionnements.

En matière de soins dentaires, l’analyse de 95.163 devis reçus par Santéclair permet d’établir que le devis moyen hors réseau s’établit à 1.791 euros contre 1.447 euros au sein du réseau, ce dernier permettant donc d’économiser 343 euros et de réduire le reste à charge de 38%. Pour l’audioprothèse, les avantages tarifaires négociés par Santéclair sont encore plus importants et aboutissent à une baisse du reste à charge moyen de 1867 à 1046 euros, après analyse de 2447 devis.

De plus, les réseaux de soins bénéficient aussi aux assurés qui n’y ont pas accès : en effet, à l’issue de ses travaux, le cabinet Asterès a constaté que la montée en puissance des réseaux de soins conventionnés – apparus il y a 15 ans environ – s’était accompagnée d’un ralentissement de la progression de l’inflation des dépenses de santé. En optique, les prix ont ainsi légèrement reculé en 2015, alors qu’ils progressaient sans cesse depuis l’apparition des réseaux.

« La régulation sur les prix joue y compris sur les acteurs qui ne sont pas affiliés à un réseau », conclut Nicolas Bouzou, qui estime que « c’est extrêmement intéressant pour un économiste, car avec les réseaux de soins, on a bien une piste en termes de régulation ».

L’évaluation par les pouvoirs publics de l’impact des réseaux sur la qualité et le coût des soins a été institué début 2014 par la loi Le Roux, mais jusqu’ici pas mis en œuvre. Mais l’Igas a reçu fin septembre la lettre de mission pour engager cette évaluation. Les inspecteurs de l’Igas parviendront-ils aux mêmes conclusions ?