Rentabilité / Assurance : Les assureurs face aux défis de la prochaine décennie

Les assureurs vont devoir se transformer afin de maintenir un niveau de rentabilité satisfaisant d’ici 2020, sous la pression de l’environnement macroéconomique, réglementaire, climatique, et des nouveaux modes de consommation, conclut une étude du cabinet de conseil Accenture.

Pour le cabinet, “les compagnies d’assurance françaises ont connu les +dix glorieuses+ entre 2000 et 2010, tant en termes de rythmes de croissance que de niveau de rentabilité dégagée”, expliquent les auteurs de l’étude, Khalid Lahraoui et Eric Veron, dans une synthèse transmise vendredi à l’AFP.

D’ici 2020, “la croissance et la rentabilité futures n’atteindront pas les mêmes niveaux que lors de la précédente décennie”, prévoient-ils. Cette détérioration tient à plusieurs facteurs: les incertitudes pesant sur la croissance du PIB, la multiplication récente des événements climatiques d’importance et les évolutions de la réglementation.

Les assureurs vont en effet devoir se plier, à compter de début 2013, à de nouvelles exigences réglementaires, dites Solvabilité II, qui devraient faire perdre 2% de retour sur fonds propres, selon les estimations d’Accenture France.
La rentabilité va également être mise sous pression par l’émergence d’internet, des comparateurs d’assurance et des offres à bas prix.

Accenture France a défini quatre scénarios d’évolution possible au cours des dix prochaines années :

Le premier s’appuie sur une hypothèse de croissance morose et prend comme scénario central une guerre des prix, qui débouche sur une rentabilité fortement dégradée pour les assureurs. Pour y répondre, ils peuvent jouer sur plusieurs leviers, selon Accenture, notamment des économies de gestion, sur les fonctions support (invisibles pour l’assuré) et une réduction de la taille des réseaux.

Le deuxième scénario table sur une croissance plus soutenue, qui induit une progression du marché en volume mais avec des prix et un niveau de couverture tirés vers le bas. Grâce à des mesures similaires à celles évoquées dans le premier scénario, les assureurs peuvent redresser leur rentabilité.

Le troisième scénario intègre une reprise économique et une plus grande valorisation des produits d’assurance par les consommateurs. C’est l’hypothèse la plus favorable.

Le quatrième part d’une croissance morose et sur une demande de personnalisation croissante de la part des consommateurs. Pour préserver leur rentabilité dans ce contexte, les assureurs doivent investir dans tous les canaux de communication: internet, téléphone, agence.  Ils doivent également évaluer plus finement les risques clients et optimiser la distribution et la gestion des produits.

“Quel que soit le ou les scénarios retenus, les assureurs devront agir et se transformer afin de maintenir un niveau de rentabilité satisfaisant”, préviennent les auteurs de l’étude.

Paris, 9 janvier 2011 (AFP)