Marchés : Une année 2009 satisfaisante pour la réassurance en France

L’année 2009 a été marquée par une hausse des revenus et de la rentabilité pour le marché français de la réassurance, selon les chiffres publiés lundi par l’Association des professionnels de la réassurance en France (Apref).

Les primes brutes émises (équivalent du chiffre d’affaires) ont progressé de 7,5% environ à 10,75Mds d’euros. « La photo est plutôt bonne pour la réassurance », a commenté François Vilnet, président de l’Apref, lors d’une conférence de presse, ajoutant que « globalement, il y a plus de matière (à réassurer, ndlr), plus de cessions » (risques transmis aux réassureurs par les assureurs).

Sur le plan du résultat, la hausse atteint 24%, à 781M d’euros. Le niveau de rentabilité (résultat rapporté aux fonds propres aussi appelé ROE) dépassé 10%, alors qu’il n’était que 8,2% en 2008. « Pour la France, ce n’est pas mal », a estimé M. Vilnet, soulignant qu’historiquement « on est plutôt sur des ROE de 7 à 8% ».

Côté solidité financière, « la solvabilité reste bonne, même si elle baisse », selon M. Vilnet, qui assure qu’il n’y a « aucun inquiétude à l’horizon » sur ce point. Si peu de renouvellements ont lieu à cette époque sur le marché français (l’essentiel a lieu en début d’année), M. Vilnet a indiqué que ceux opérés ailleurs début juillet montrent qu’ « on est clairement dans une phase de baisse » des tarifs de la réassurance, principalement liée au fait que le marché offre « beaucoup de capacité ».

La tendance est néanmoins susceptible d’évoluer en fonction de la saison des ouragans aux Etats-Unis, qui débute et que les prévisions annoncent importante. M. Vilnet a rappelé que la réforme en cours du cadre réglementaire de l’assurance en Europe, dite Solvabilité II, « est très favorable aux réassureurs » dans la mesure où elle accroît les contraintes des assureurs en matière de fonds propres.

Face à ces exigences nouvelles, les assureurs sont donc incités à lever du capital ou à céder davantage de risque. Or, le contexte actuel, caractérisé par des marchés très nerveux, fait que les assureurs auront « plus de difficulté à lever du capital », ce qui devrait les faire pencher pour le recours aux réassureurs.

Paris, 5 juillet 2010 (AFP)