Justice : Les ventes forcées d’assurance crédit vont coûter 700M de livres de plus à Barclays

Barclays a annoncé une nouvelle provision de 700M de livres pour solder les litiges des ventes forcées d’assurance crédit.

La banque britannique Barclays a annoncé jeudi 18 octobre une nouvelle provision de 700M de livres (environ 860M d’euros) pour régler des litiges sur des ventes forcées d’assurance crédit, ce qui porte à 2Mds de livres ses provisions totales dans le cadre de cette affaire.

Cette provision de 700M, enregistrée dans ses comptes du troisième trimestre, amputera d’autant son bénéfice net sur la période et devrait entraîner une perte nette sur la période pour le groupe bancaire, déjà empêtré dans le scandale du Libor.

Barclays indique dans un communiqué que le montant des dommages réclamés par ses clients depuis la fin du premier semestre pour la vente forcée de ces assurances a été « plus important que prévu », ce qui l’a amené à juger qu’il était « approprié d’enregistrer (une provision de) 700M de livres de plus au 30 septembre ».

La banque rappelle qu’elle avait déjà passé une provision de 1Md de livres en 2011 dans le cadre de cette affaire et de 300 millions au premier trimestre, ce qui porte le montant total à 2Mds de livres.

Ces assurances crédit, appelées PPI (“Payment Protection Insurance”), qui permettaient d’assurer le remboursement d’un crédit malgré une perte de revenus liée à la maladie, au décès ou à la perte d’un emploi, ont longtemps été vendues d’office aux clients avant que cette pratique soit définitivement condamnée au Royaume-Uni.

Barclays précise s’attendre à ce que son bénéfice ajusté avant impôts du troisième trimestre, qui sera annoncé le 31 octobre, soit globalement conforme au consensus des analystes, qui misent sur 1,7Md de livres.

Mais cette prévision de bénéfice ajusté exclut la provision de 700M ainsi qu’une autre charge déjà connue de 1,1Md. Par conséquent, Barclays devrait accuser une perte nette sur la période.

A la Bourse de Londres, Barclays était sanctionnée par les investisseurs après cette annonce et cédait 1,48% à 240,7 pence vers 14H35 GMT, dans un marché à l’équilibre (-0,02%. Les contentieux sur les PPI ont fait exploser les plaintes des clients contre les banques et les compagnies d’assurances britanniques au premier semestre. Selon des chiffres publiés fin septembre par l’Autorité des marchés financiers (FSA), ces plaintes ont bondi de 59% sur la période pour atteindre plus de 3,5 millions.

Au premier semestre, le bénéfice net de Barclays avait déjà fondu à 70M de livres contre 1,5Md de livres un an plus tôt, notamment en raison d’une provision de 450M de livres pour couvrir les contentieux liés à des ventes de produits de couverture contre les variations de taux d’intérêts.

Outre ces contentieux, Barclays a surtout fait parler d’elle ces derniers mois en raison de son implication dans la manipulation du taux interbancaire Libor.

La banque avait révélé fin juin qu’elle allait payer environ 360M d’euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain. Cette affaire, qui a suscité une énorme polémique, a décapité la banque en entraînant la démission de son président et de son directeur général.

Londres, 18 octobre, AFP