Les fraudes internes gangrènent les grandes entreprises en ces temps de crise

Plus de la moitié des grandes entreprises mondiales sont aujourd’hui touchées par des escroqueries internes. C’est ce qui ressort d’une étude effectuée par Pricewaterhouse Coopers, un cabinet de services et d’expertises financières qui a enquêté dans 44 pays et au sein de 3.037 sociétés. En cause, la pression au travail et la crise économique qui poussent les salariés à se retourner contre leurs employeurs.

Malgré ce que l’on pense, les grandes compagnies (plus de 1.000 employés) ne sont pas les plus protégées face aux escroqueries. Elles sont même touchées de plein fouet par un phénomène qui se généralise en ces temps de crise : les fraudes internes. Détournements d’actifs ou encore tromperies comptables, plus de la moitié des grandes entreprises sont victimes de leurs propres salariés qui accumulent les petits larcins quotidiens. Parmi les sociétés interrogées, 43% constatent que la crise à un effet aggravant sur ces comportements frauduleux.

En matière d’assurances, ces nouvelles formes de fraudes ne sont pas toujours couvertes et les répercussions sont certaines pour les entreprises. 30% de ces dernières ont déclaré au moins une escroquerie interne sur l’année écoulée, et il est souvent difficile de confondre les coupables. Dominique Perrier, associée au sein du département Litiges et Investigations de Pricewaterhouse Coopers, ajoute que “l’écart dans les chiffres s’explique essentiellement par l’existence ou non de dispositifs permettant de détecter les fraudes”.

Le contexte économique difficile et surtout la pression au travail sont les deux facteurs probants qui poussent les employés a franchir le pas. A l’heure actuelle, les grandes sociétés sont donc obligées de se prémunir face à ces nouveaux risques et elles ne semblent pas optimistes pour l’avenir. Toujours selon l’enquête, 68% des compagnies pensent que la peur de perdre son emploi ou encore les difficultés des objectifs à atteindre sont des éléments qui font augmenter les fraudes. Parallèlement, les réductions d’effectifs liées à la crise économique entraînent aussi des baisses de contrôle interne, une aubaine pour ces nouveaux fraudeurs.

Parmi les escroqueries les plus courantes, les détournement d’actifs (67% des cas) et la fraude comptable sont en forte augmentation sur un an (de 27% à 38% des entreprises touchées). Face à de nouveaux profils de fraudeurs, les assurances doivent aussi s’adapter et prendre en compte le fait qu’en 2009, 42% des auteurs de larcins sont issus du “middle management”, contre 26% en 2007. On peut donc conclure que c’est un phénomène inquiétant car ce sont en général des personnes importantes au sein des entreprises avec des postes clés et des responsabilités certaines vis à vis de leur direction.