La diffusion de la crise des subprimes à l’économie réelle ne fait que s’amorcer : les principaux secteurs productifs concernés dans le monde

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    Selon le baromètre sectoriel trimestriel mondial de l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC, la crise financière a un impact sur toutes les économies du monde. « Ce sont désormais des contre chocs sur l’ensemble des marchés de crédit aux entreprises et aux ménages qui ont démarré : la diffusion de la crise à l’économie réelle via la restriction des mécanismes de crédits ne fait que s’amorcer au printemps 2008. Les premiers secteurs touchés sont la construction, l’automobile et la distribution. Tout est en place pour le deuxième acte de la crise de 2008 » commente Karine Berger, directrice des études d’Euler Hermes SFAC.

    La construction, détonateur et prolongateur de la crise
    La crise “réelle” est déjà installée dans le secteur construction de plusieurs pays et selon l’assureur- crédit Euler Hermes SFAC elle perdurera jusqu’en 2009. Du fait des surévaluations passées, les secteurs du bâtiment aux Etats-Unis, en Espagne, dans une moindre mesure au Royaume-Uni, ont été les premiers emportés. A l’exception de l’Allemagne, toutes les autres économies européennes sont également frappées par un ralentissement brutal de la construction. Il devient très difficile pour les ménages d’emprunter pour un achat immobilier. La situation ne devrait pas se redresser avant l’an prochain.

    L’automobile et la distribution affectés par le ralentissement de la consommation américaine

    Moteur que l’on rêvait inépuisable d’une grande part de l’activité et du commerce mondiaux, la consommation américaine est temporairement enrayée par la cure de désendettement imposée par la crise financière. Il n’existe pas véritablement de relais dans le monde, car même si l’expansion de la demande interne des pays “BRIC” (Brésil, Russie, Inde, Chine) est impressionnante, les volumes en jeu ne sont pas encore comparables. Deux secteurs productifs portés jusqu’à présent par la pompe américaine sont affectés par ce phénomène.
    Premièrement, dans l’automobile, où la dichotomie s’accroît entre les pays de l’OCDE et les “BRIC” en plein essor, mais positionnés sur des produits à bas coûts. Les hésitations du secteur automobile rejaillissent sur le secteur des équipementiers automobiles, ébranlés depuis plus longtemps.
    Deuxièmement : la distribution. Le secteur, déjà contraint à des repositionnements stratégiques, notamment pour éviter de “tout miser” sur les marchés domestiques, doit faire face, en parallèle, au ralentissement de la consommation, aux envolées des prix alimentaires et à la guerre des marges.

    Les entreprises continuent d’investir, notamment en Asie, mais jusqu’à quand ?

    L’investissement semble encore épargné par le ralentissement mondial. Ainsi, quelques secteurs tirent encore leur épingle du jeu en ce printemps 2008 : les secteurs des biens d’équipement (machines) et ceux des biens intermédiaires (acier, chimie). Cette bonne orientation résulte en grande partie de la demande de l’Asie émergente en biens d’équipement pour l’investissement productif, qui traduit la poursuite de la hausse des capacités de production. Tant que la rentabilité de ces équipements n’est pas fragilisée, cet enchaînement devrait se poursuivre. La situation des changes octroie un avantage compétitif clair aux Etats-Unis sur la zone euro pour exploiter le ressort de ces marchés.

    « Au-delà de ces premiers retournements sectoriels, que l’on peut directement relier au ralentissement américain et au durcissement des conditions de crédits, viennent s’ajouter les premiers effets tangibles sur les entreprises des envolées des matières premières. Plusieurs secteurs font ainsi de plus en plus difficilement face aux détériorations de rentabilité : les transports routiers en Europe, l’industrie agroalimentaire dans le monde. C’est la fragilité de ces secteurs qui amplifiera le fléchissement de l’activité mondiale cette année » conclut Karine Berger, directrice des études d’Euler Hermes SFAC.