FFSA : Les cinq premiers mois de 2012, entre cotisations en baisse et sinistralité en hausse

La FFSA a livré mercredi 27 juin en conférence de presse les chiffres du secteur pour les 5 premiers mois de l’année 2012, des premiers signes peu réjouissants.

Le secteur de l’assurance accuse pour les 5 premiers mois de l’année des cotisations en baisse de 9% par rapport à la même période en 2011. Les sinistres, prestations et rachats sont eux en hausse de 16%.

Du côté des assurances de personnes, les cotisations sont en baisse de 13% sur les 5 premiers mois de 2012. Une baisse tirée par le secteur « vie et capitalisation », à -16%. La collecte nette en assurance-vie montre une forme d’atonie, puisqu’en chiffres cumulés, elle est négative de 3,6Mds d’euros de janvier à mai 2012.  « Les rachats diminuent mais les cotisations aussi », a commenté Bernard Spitz, président de la FFSA. Dans le même temps, la collecte nette du livret A et du LDD cumulait à 12Mds d’euros.

La Fédération explique cette situation par l’attentisme pré-électoral, les nombreux jours fériés sur la fin de la période et l’incertitude économique. Ce « climat d’attentisme et d’incertitude » a culminé au mois de mai avec 1,5Md d’euros de collecte négative. Le président de la FFSA a donc appelé à « la vigilance et à la prudence ». Au sein de l’assurance de personnes, le secteur « maladie et accidents » limite la chute à 4%. Les sinistres et prestations des assurances de personnes sont eux en hausse de 17% (18% en vie et capitalisation et 6% en maladie et accidents).

+4% en biens et responsabilité

Les cotisations en assurances de biens et de responsabilité sont en revanche en hausse de 4% sur les 5 premiers mois de 2012, quand la sinistralité augmente elle de 15% à cause notamment de la vague de froid du mois de décembre qui a coûté 500M d’euros aux assureurs selon les estimations de la FFSA. Dans le détail, l’auto connait une croissance de 3%, la multirisques habitation de 6%, les dommages aux biens des professionnels hors agricoles de 2%, la responsabilité civile générale de 5% et la construction de 1%.

En marge de la présentation de ces chiffres, Bernard Spitz a évoqué trois menaces qui planent sur le secteur de l’assurance : la crise européenne, la réglementation et la fiscalité. « Si pour la première nous devons nous en remettre à Bruxelles, il ne tient qu’à nous de nous préserver des deux suivantes », a prévenu Bernard Spitz, qui a appelé à améliorer le calibrage de Solvabilité II et à refuser que la directive Omnibus II soit approuvée en l’état.

Concernant la fiscalité de l’épargne, le président de la FFSA a appelé à la « prudence absolue », afin de ne pas décourager l’épargne de long terme qui est « le socle de l’économie ». Il faut par exemple pour Bernard Spitz « étaler dans le temps le doublement du plafond du Livret A, en attendant que les disponibilités de financement du logement social soit consommées ». L’impact négatif de la mesure est chiffré à une dizaine de milliards d’euros la première année, et une vingtaine de milliards d’euros au total. En assurance-vie, « tout engagement de moins de 4 ans doit être conforté », a-t-il ajouté. « Et pour le très long terme, je veux dire pour les engagements au-delà de 12 voire de 16 ans, il serait utile de donner un encouragement supplémentaire. » Le message est lancé.