Étude : Un manque de rentabilité redouté par les assureurs dans le futur

Les assureurs s’attendent à ce que leur rentabilité reste à un faible niveau au cours des prochaines années sur le segment vie, voire même à ce qu’elle recule en dommages, selon une étude du cabinet de conseil Weave.

Cette enquête, réalisée auprès de vingt acteurs du marché (sociétés d’assurances, assureurs mutualistes, instituts de prévoyance, courtiers et bancassureurs), montre également qu’ils vont privilégier leurs marges à leur croissance.

Dans le détail, la rentabilité en assurance-vie devrait se stabiliser autour de 7% dans les cinq années à venir, loin du pic de 18% observé en 2006, tandis qu’elle devrait reculer en non vie d’ici 2015, jusqu’à 4% environ.

Le constat que tout les assureurs font, c’est que leur niveau de rentabilité est au plus bas et aucun d’entre eux n’anticipe de rebond. Cela tient notamment à l’augmentation des coûts de distribution et à l’augmentation des coûts d’acquisition“, a expliqué à l’AFP Pascal Compet, directeur assurance et protection sociale de Weave.

En assurance vie, les bancassureurs parviennent toutefois à tirer leur épingle du jeu avec une rentabilité supérieure à celle de leurs concurrents, en s’appuyant sur leur réseau d’agences.
Face à ce défi, “les assureurs se repositionnent en termes de développement avec l’idée d’avoir moins de clients mais des clients à plus forte valeur, pour améliorer leurs marges“, a relevé M. Compet.

Le secteur de la prévoyance aiguise ainsi les appétits, avec une croissance de 3% par an en moyenne dans les prochaines années, selon les groupes interrogés.

La relation multicanale, avec l’essor du numérique en plus des contacts en agence ou par téléphone, en est cependant encore à ses balbutiements, note le cabinet. “Il n’y a pas encore de synergie des coûts. Au contraire, les coûts du digital s’ajoutent aux coûts des agences physiques“, a souligné Pascal Compet.