Edito : Une fin d’année en désaccords

Copenhague se termine sur une « déclaration politique » qui semble satisfaire les politiques, et uniquement eux.
Pour beaucoup d’observateurs, c’est un problème de temps. Pas forcément le « temps » de Météo France, celui du froid glacial en hiver – qui commence aujourd’hui seulement – mais « les » temps des accords, des désaccords, des « pas d’accords » et autres.

Dans la négociation, il faut parfois savoir attendre… Pour le climat, les enjeux sont trop lointains, dans un autre temps des enjeux politiques des dirigeants. Avec des mandats de quatre, cinq ou même sept ans, il est compliqué de s’investir pour dans 20 ans. Comment expliquer à ses concitoyens qu’il faut payer maintenant pour en tirer des bénéfices (ou moins de désastres) visibles dans une dizaine d’années ? Les vrais enjeux sont souvent le consensus et la réélection…

Dans l’assurance, les problèmes de négociations sont finalement très proches. Les agents généraux font face aux hausses tarifaires des compagnies et leurs calculs sont clairs : « un tarif qui augmente, ce sont des clients qui résilient » dit un agent. « Un tarif qui augmente, c’est de l’argent qui rentre dans les caisses » explique la compagnie. « C’est une vision à court terme » répondent les agents. « C’est une vision sur l’avenir, la solvabilité, la solidité financière » arguent les compagnies.

Au final, les négociations vont se faire en force. De tous les côtés, la fronde risque de s’amplifier : concurrence d’internet, commissions plus faibles sur des produits d’appels, stratégies de fidélisation mal comprises, adaptabilité des portefeuilles aux enjeux nouveaux, ventes accrues de l’assurance vie et de produits plus « risqués », au risque, justement, de voir les clients revenir mécontents dans les agences…

Pour revenir au climat, les assureurs n’ont finalement pas encore pu montrer le poids qu’ils ont dans les décisions politiques. Peu à peu, ils prouvent pourtant que le lobbying a de l’avenir. La régulation financière est en bonne voie et les idées européennes pourraient faire du chemin. Et avec la fin de l’année et une certaine reprise économique, le climat des affaires, lui reste bon pour le secteur. Surtout si la météo ne s’aggrave pas trop. Un froid bien sec, ce serait un beau cadeau pour les assureurs, un peu moins pour la consommation d’énergie et la planète. Que voulez-vous, l’année 2009 a été lourde en sinistre, le climat, on verra en 2010.