Edito : Mardi noir… et jaune pour l’assurance

Mardi 27 octobre, dans la rue, l’assurance avait un visage, bariolé jaune et noir : celui d’une abeille. Pendant que les députés votaient l’adoption du PLFSS 2016, les intermédiaires d’assurance manifestaient à environ 30 minutes de marche de là, devant le Sénat, avec pour ambition de faire supprimer l’article 21 objet de toutes les critiques de la part du secteur de l’assurance. Les élus du Palais Bourbon ont choisi, eux, de le conserver tout en le modifiant. Ils y ont introduit la notion de labellisation des contrats destinés aux plus de 65 ans.

Mais…
Lorsque l’on jette un œil sur la composition des Abeilles présentes dans la rue, on ne trouve nulle trace d’un représentant de la ruche, dont les alvéoles illustrent pourtant le logo de la Mutualité Française. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir entendu Etienne Caniard dans les médias dénoncer cet article 21. La cible est bien la même, mais la critique diffère un peu. Alors que les ouvrières appuient leur discours sur les pertes d’emplois possibles causées par un système d’appel d’offres, les mutuelles préfèrent orienter leur discours sur la démutualisation née de la segmentation du marché. Ce qui fait dire à un observateur éclairé que « les abeilles constituent un mouvement sympathique, mais dont la cause a disparu avec les amendements apportés au PLFSS 2016 ».

La labellisation semble en effet démontrer que l’appel d’offres, cher à Marisol Touraine, ne serait pas limité à un nombre prédéfini d’acteurs comme dans le cadre de l’ACS. En d’autres termes, tout acteur proposant un contrat entrant dans les critères à définir dans un décret à venir, serait susceptible d’être labellisé.

La théorie de la poignée d’acteurs se partageant le marché de la santé des séniors semble dès lors avoir du plomb dans l’aile. L’épisode du mardi noir et jaune révèle par ailleurs les failles du secteur de l’assurance qui peine à se rassembler alors que, dans le cas précis du PLFSS 2016, tous les ingrédients semblaient réunis pour parler d’une voix unie et par conséquent forte.