Edito : La journée mondiale sans sinistre

Cet édito a été publié dans l’Hebdomadaire News Assurances Pro du 26 janvier.

Le vendredi 13 janvier 2012 fut un jour à marquer d’une pierre noire. Un jour à ne pas mettre un client dehors, à ne pas prendre de risque, une vraie journée à dédier à la prévention, à la prudence, à l’attention pour en faire une journée sans sinistre. La journée mondiale sans sinistre.

Si l’on regarde le dernier vendredi 13, le tableau peut faire peur. En quelques heures, les notes de plusieurs pays européens ont été dégradées, plongeant le monde politique dans la peur de la sanction populaire. Pour ne pas avoir sauvé ce triple A déjà condamné et qui n’a que peu d’incidences réelles sur la vie courante.

Dans la même soirée, le Costa Concordia venait s’échouer sur les côtes d’une île au large de la Toscane, réveillant un peu plus les souvenirs des naufrages et rappelant aux assureurs superstitieux que le vendredi 13 portait cette mauvaise réputation qu’il faudrait peut-être prendre en compte.

Car en 2012, nous aurons la chance ou le malheur de vivre encore deux autres vendredi 13, en avril et en juillet…
J’en vois déjà qui tremblent. Une année avec trois catastrophes à la Costa, des abaissements de notes, voilà de quoi bien plomber les ratios combinés en dommages et de gonfler dangereusement les moins-values latentes financières. Bref, une année noire.

Il aurait peut-être fallut décider d’une hausse de primes pour le vendredi 13. Une surprime pour ceux qui utiliseraient leur voiture, pour les entreprises qui feraient convoyer des conteneurs sur les mers, pour les institutions financières, pour tous les clients finalement. Parce que si l’optimisme est de mise, l’incertitude atteint pour cette année un sommet.