Edito : La folle ruée de Noël sur…

Depuis quelques semaines, les opticiens sont débordés. Grâce à qui ? Aux assureurs bien évidemment !

Les lettres au Père Noël sont déjà parties depuis longtemps et cette année, les études révèlent que tablettes, téléphones et consoles de jeux battront de nouveau records.
J’imagine parfois quelques souhaits tracés à l’encre sur le papier à en-tête de la Compagnie pour un assureur, qui espère “un noël sans tempête” et “sans nouvelle réglementation“, alors qu’un intermédiaire voudra “une année sans contrôle ACPR et avec une hausse des commissions“, une mutuelle voudra trouver son compagnon de partenariat sans perdre son identité et une IP voudra qu’on laisse enfin les recommandations données aux assurés ce qu’elles ont à lui offrir. Je fais simple, volontairement.

Car pour les assurés, c’est très simple aussi. Arrivé à en fin d’année l’assuré santé – ou l’adhérent, ou le sociétaire – tire un bilan de sa consommation. Parce qu’il faut bien nommer les choses, je parle bien de “consommation“. Et l’assuré s’aperçoit, avec l’aide malicieuse de son opticien, qu’il n’a pas consommé son “forfait optique” de l’année. En clair, il lui reste les 200 euros promis par son assureur santé qu’il perdra l’année prochaine et qu’il n’a pas utilisé. Dès lors, pourquoi ne pas en profiter ? Ce serait aussi criminel qu’un directeur de business unit n’utilisant pas le budget que la société (mutuelle, IP, pas de discrimination) a mis à sa disposition pour l’année. D’autant que l’assuré bénéficie d’un réseau de soins particulièrement performant pour lui garantir une prise en charge complète et ainsi un joli cadeau pour les fêtes. C’est peut-être là l’une des limites de ce système.

N’allons pas chercher qui de la poule ou de l’oeuf est arrivé en premier. Il est certain que l’assuré ne veut pas perdre ce qu’il a chèrement payé. Car à la différence du directeur de business unit, il a payé, l’assuré, tous les mois pour ce forfait annuel qu’il n’a pas encore dépensé… Système vicieux, certains porteurs de risque jouent avec la possibilité de reporter l’année prochaine, ou de rembourser une partie des cotisations, pour responsabiliser un peu l’assuré. Un peu seulement, car dans le jeu de la concurrence, rien n’est moins sûr que d’imaginer un assuré changer de complémentaire pour se garantir, à Noël, une belle paire de lunettes.