Edito : Cyniquement votre

Difficile d’éviter le sujet et pourtant, difficile d’en parler.
Le Japon vit une crise majeure, anxiogène pour toute la planète.
Ce nucléaire, vital dans notre approvisionnement électrique aujourd’hui, est également mortel pour l’être humain. Les yeux rivés sur Fukushima, le monde attend, tandis que le bilan du double événement séisme – tsunami s’alourdit jour après jour.

La menace qui pèse maintenant, invisible, durable et fatale, plonge le monde entier dans la perplexité.

Il faut alors relire les dépêches et les communiqués envoyés par le secteur de l’assurance (assureurs et surtout réassureurs), plus prompts à réagir en fonction de la cotation, sur leurs activités, leurs expositions locales. Comme les autorités japonaises, ils se sont montrés rassurants, minorant l’événement.

Mais maintenant, les risques longs des branches santé, vie, décès, les pertes d’exploitations des entreprises en cas de départ massif des habitants de la mégalopole qu’est Tokyo, sans compter tous les dommages aux biens…

Certes, la première modélisation du sinistre laissait planer, dans son estimation reprise partout, un coût qui s’élèverait à une centaine de milliards d’euros, et un coût pour les assureurs 3 à 4 fois moins important.

Il faut voir que les Japonais ont la bonne idée de ne pas reporter un risque dont la survenance est certaine, mais l’intensité incertaine, sur les assureurs privés et que l’Etat prend en charge, jusqu’à un certain montant, une partie des destructions.

En 2010, deux séismes avaient ainsi fait l’actualité. Un majeur, meurtrier et médiatique à Haïti et un majeur mais beaucoup moins meurtrier et moins médiatique chez nous au Chili. Au final, Haïti n’a pas été représenté dans le top 10 mondial des événements les plus coûteux en 2010 pour le secteur… Aussi tragique qu’il pouvait être, business is business.

A l’heure ou j’écris ces lignes, mercredi – 17h, les Japonais fuient Tokyo, où le taux de radioactivité a dépassé de 200 fois la norme. Une catastrophe d’une ampleur inconnue risque de s’abattre sur la troisième économie mondiale, un pays de 125 millions d’habitants au PIB deux fois supérieur à celui de la France.

On n’a beau vouloir rassurer les marchés financiers, il est un moment où il faut appeler un sinistre, une catastrophe.