Edito : Coup d’envoi officiel du chantier de la dépendance

Sur toutes les lèvres depuis quelques années, la dépendance a pris forme dans les bouches présidentielles ce mardi 16 novembre.

Tour à tour, Henri de Castries et Nicolas Sarkozy en ont parlé, donnant leur avis et permettant de lancer un débat déjà bien entamé dans la profession.

Le Président d’Axa d’abord, alors qu’il présentait tout autre chose, a été questionné sur la dépendance et y a répondu très clairement : « Il faut une réponse universelle, peut-être pas obligatoire, mais la dépendance est un risque assurable ».

Quelques heures plus tard, et en seulement 3 minutes noyées entre les retraites, les journalistes surveillés et la fin du bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a parlé de la dépendance. La référence historique à « quelque chose qui n’a pas été fait depuis la seconde guerre mondiale » pour annoncer la création « d’une nouvelle branche de la sécurité sociale, d’un nouveau risque, le cinquième » répondant ainsi sur l’engagement des pouvoirs publics dans ce domaine.

Consultons d’abord, choisissons ensuite

Il faut dire que la dépendance, les Français et vous autres, assureurs, vous y êtes déjà bien préparés. Depuis que ce mot est inscrit en lettre rouge dans le programme de campagne du futur président (2007), depuis que la maladie d’Alzheimer est passée dans les priorités présidentielles, les assurés ont pris conscience qu’il fallait se préparer.

Pour trouver le « financement juste et équitable » qui soit également tenable politiquement, « six mois de consultations » vont commencer avec l’an 2011. Trouver des solutions « pour faire face au déficit colossal » que ce nouveau risque va créer dans une Sécu au fond du gouffre ne sera pas une mince affaire.

Si les assureurs ont bien apprécié ce coup de projecteur vers des assurances de personnes qui avaient du mal à se vendre, pas sûr qu’ils apprécient les conclusions en juin 2011 et le futur PLFSS 2012. Dans un calcul statistique empirique, je dirais que sur ces 3 dernières années, les risques d’être taxés à un moment ou un autre dans cette histoire sont de plus en plus éloignés de l’aléa.