Dépendance : “Il n’y aura pas d’assurance privée obligatoire”, Michèle Delaunay

La réforme de la dépendance sera prête pour la fin de l’année. Michèle Delaunay a expliqué que si elle n’avait pas encore d’arbitrage à communiquer concernant le financement, il ne serait pas envisageable d’imposer une assurance.

Michèle Delaunay, ministre déléguée, chargée des personnes âgées et de l’autonomie, était présente ce matin, mardi 26 mars, à la conférence des Echos sur la dépendance. Pour ouvrir cet évènement la ministre n’a pas manqué d’humour en affirmant que la France regagnerait son triple A avec la future réforme de la dépendance en se basant sur l’anticipation, l’adaptation ainsi que l’accompagnement.

En ce qui concerne le financement de cette loi sur l’autonomie prévue pour la fin de l’année 2013, Michèle Delaunay a été plus loquace que lors de la conférence de l’Ocirp le mois dernier. “Le sujet est majeur, explique-t-elle, et nous avons dit que nous y répondrions et que nous y répondrions par la solidarité nationale. Ce qui ne veut pas dire que nous n’allons pas travailler en partenariat avec les assureurs. Je souhaite d’ailleurs qu’il y ait plus de convergence c’est à dire qu’il y ait une superposition entre les critères d’évaluation de la dépendance publics et privés mais il n’y aura pas d’assurance privée obligatoire”.

Pour conclure son propos la ministre qui a beaucoup insisté sur le volet de la prévention a déclaré “attendre les assureurs sur ce secteur. Ils sont prêts, ils s’y sont engagés et pour certains ils y sont actifs”.

Luc Broussy “le financement n’est qu’une petite partie du problème

Luc Broussy, conseiller général du Val d’Oise et responsable de la mission interministérielle sur l’adaptation de la société française à son vieillissement, a clairement fait comprendre à l’assemblée que le financement de la dépendance n’était pas son sujet de prédilection. “J’en ai marre de devoir m’excuser lorsque je parle d’autre chose que du financement. Ce n’est qu’une toute petite partie du problème de la dépendance. Je n’ai pas envie d’entendre que nos réflexions sont faites pour dissimuler notre embarras sur la question. Les solutions que nous trouvons ne sont pas des subterfuges”.

“Il faut durcir la fiscalité de l’assurance-vie”

Aussi invité à s’exprimer sur les pistes les plus probables pour le financement de cette réforme, Pascal Terrasse, secrétaire national des affaires sociales et député PS de l’Ardèche, parle d’un  “besoin de ressources supplémentaires et il me semble que le taux de prélèvement obligatoire est suffisamment élevé en France. Donc il me semble plus judicieux que ces ressources supplémentaires soient prises dans un cadre collectif et de préférence obligatoire. Je pense qu’il faudrait être plus dur fiscalement avec l’assurance-vie pour que les transferts s’opèrent sur la dépendance”.
Le député PS rappelle qu’il a aussi proposé de diminuer le versement d’allocations familiales à partir d’un certain niveau de revenus mais la proposition a fait un tollé.