Crise financière : Le bancassureur néerlandais SNS Reaal menacé de faillite

Le titre de la quatrième banque des Pays-Bas, le bancassureur SNS Reaal, chutait jeudi sur fond de rumeurs, rapportés par les médias néerlandais, d’une nationalisation imminente afin de sauver la banque en proie à des difficultés financières.

L’action qui comprend la banque SNS Bank et le groupe d’assurances Reaal, qui valait 15 euros avant la crise financière de 2008, avait déjà chuté de plus de 11% mercredi.

Considérée par la banque centrale néerlandaise (DNB) comme une banque systémique, c’est-à-dire dont la faillite pourrait mettre tout le système bancaire en péril, SNS Reaal est confrontée depuis plusieurs années à des pertes financières récurrentes de sa filiale immobilière Property Finance.

Lors du troisième trimestre 2012, la banque avait ainsi annoncé une perte de 99 millions d’euros pour cette filiale, rachetée en 2006 à une autre banque néerlandaise, ABN Amro, à cause d’une “détérioration du marché immobilier néerlandais”.

Les médias néerlandais rapportent jeudi qu’un plan de sauvetage de la banque par l’Etat néerlandais était à l’étude, la possibilité d’une nationalisation étant, entre autres, envisagée.
Le quotidien économique Financieele Dagblad (FD) précisait que SNS Reaal devrait procéder à des dépréciations d’actifs, pour une valeur estimée entre 1,2 et 1,8 milliard d’euros.

Des députés néerlandais ont appelé à une intervention de l’Etat et des obligations ordinaires de la banque pourraient également être dépréciées, ce qui serait une première, selon le FD.

SNS Reaal, qui essaie depuis des années de restructurer son portefeuille immobilier pour libérer du capital, était précédemment en contact avec les trois autres grandes banques néerlandaises, ABN Amro, ING et Rabobank, afin de trouver une solution.
Mais la Commission européenne avait, selon les médias néerlandais, refusé un tel plan, ING et ABN Amro ayant reçu des aides de l’Etat néerlandais et ne pouvant donc investir ou faire des acquisitions.

SNS Reaal, créé en 1987 suite à la fusion de plusieurs banques d’épargne de petite taille, doit encore rembourser une partie des 750 millions d’euros que l’Etat néerlandais lui avait prêté en 2008.