Corruption : Zurich Insurance mis en cause avec New China Life

Un conglomérat chinois a réfuté des informations de presse l’accusant d’avoir conclu une opération illégale avec le suisse Zurich Insurance en passant par l’intermédiaire de la fille d’un Premier ministre, a rapporté lundi un média officiel.

Le quotidien britannique The Telegraph a affirmé la semaine dernière que Li Xiaolin, fille de Li Peng – Premier ministre chinois de 1988 à 1998 – avait usé de son entregent en 1995 pour la conclusion d’un accord permettant au Suisse de prendre une participation dans l’assureur chinois New China Life. Selon le journal, c’est Li qui a présenté aux dirigeants de Zurich Insurance trois hommes d’affaires chinois, dont le président du conglomérat Orient Group, qui possédaient des parts dans New China Life – une opération illégale à l’époque et représentant plusieurs millions d’euros.

En contrepartie de la possibilité d’acquérir pour presque un quart des parts de l’assureur chinois, le groupe suisse a versé aux hommes d’affaires 12,5M d’euros à titre d'”honoraires pour leur bonne volonté“, somme dont une partie a été utilisée pour des pots-de-vins à des responsables gouvernementaux afin de faire accepter l’accord, a expliqué le Telegraph.

La femme dont le nom de famille est Li, mentionnée dans des articles de presse, n’a jamais participé à aucune opération commerciale du groupe ou de ses filiales“, a réagi le président d’Orient Group, Zhang Hongwei, dans une déclaration cité par le journal Beijing Times. Le nom complet de Li Xiaolin n’y était pas mentionné, pas plus que son lien de parenté avec Li Peng.

Les affirmations (en rapport avec Li) avancées par les articles de presse ne sont que de pures calomnies malintentionnées“, a poursuivi Zhang. Zurich Insurance n’était pas joignable lundi. De son côté, Li Xiaolin elle-même a rejeté les accusations dont elle fait l’objet, par l’intermédiaire de la société China Power International Development, basée à Hong Kong et dont elle préside le conseil d’administration.

Li Xiaolin n’a jamais pris part personnellement à aucune activité avec quelque firme d’assurance que ce soit, et elle ne connaît personne dans de telles entreprises“, a indiqué sa société sur son compte officiel de microblogs. “Les rumeurs se répandant sur internet au sujet de la transaction dans le secteur des assurances ne sont simplement que de viles calomnies“, a-t-elle ajouté en menaçant de porter l’affaire en justice. L’équipe dirigeante, sous l’égide du président investi en mars Xi Jinping, a affiché sa volonté de renforcer la lutte contre les cadres corrompus à tous les niveaux, “les mouches comme les tigres” — une campagne cependant menée de façon très inégale.

Ces informations paraissent alors que s’est déroulé fin août le retentissant procès du dirigeant déchu Bo Xilai, accusé notamment de corruption et de détournements de fonds publics.

Shangaï, 14 octobre 2013 (AFP)