Chronique : La vraie fausse interview de François Hollande

Louis-Christian de Baudus, directeur de la rédaction de La Lettre de l’Assurance et chroniqueur sur News Assurances PRO, a imaginé sa première interview du tout nouveau Président de la République.

François Hollande, vous avez été élu le 6 mai dernier Président de la République avec 51,8 % des voix. Quelle la première pensée qui vous a traversé l’esprit après l’annonce des résultats ?

Je dois vous avouer que j’ai eu une pensée immédiate pour DSK : s’il n’avait pas explosé en plein vol au Sofitel de New York, il aurait été le candidat socialiste à ma place pour perdre une élection que l’affaire du Carlton de Lille aurait immanquablement torpillée ! Les socialistes peuvent le remercier : lui seul a porté la gauche au pouvoir et mis fin à cinq ans de Sarkozysme. Et tout ça en sortant de la douche ! Preuve que même dans la précipitation, on peut accomplir de grande chose ! Comme c’est un peu compliqué de le nommer ministre de la France pour le remercier, je compte lui donner le titre honorifique de Prince des Gaules. Il l’aura bien mérité !

Vous arrivez à l’Élysée le 15 mai pour prendre vos nouvelles fonctions. Quelle va être votre première mesure ?
Comme mon prédécesseur, je vais augmenter le salaire du président de la République ! Le quinquenat de Nicolas Sarkozy a tellement ravagé le pouvoir d’achat que je n’avais pas d’autre choix.

Les assureurs attendent vos orientations sur trois sujets qui les concernent : la fiscalité de l’assurance vie, les complémentaires santé et la réforme de la dépendance. Concernant l’assurance vie, qu’allez-vous faire ?
J’ai très envie d’aligner la fiscalité de l’assurance sur le même barème que l’impôt sur le revenu mais Michel Sapin m’a déjà repris de volée sur la question : trop grossier ! Le bougre m’a donc soufflé l’excellente idée de conditionner les avantages fiscaux du secteur à un investissement massif dans les PME. Comme nous savons que Solvabilité 2 ne permet pas de telles allocations d’actifs, on pourra taxer les assureurs et les accuser de ne pas vouloir financer l’économie s’ils s’en plaignent !

Et pour les complémentaires santé ? Pendant la campagne, vous vous êtes engagés à revenir sur la hausse de la TSCA…
Je voudrais relativiser la portée de ces propos. C’est une promesse que j’ai faite au magazine Femme Actuelle. Autant dire toute l’importance donnée à la chose… Nous étudions néanmoins quelques pistes comme la possibilité de taxer les remboursements des malades les plus riches à 75 %.

Concernant la dépendance, faut-il s’attendre à la création d’une cinquième branche ?
Très certainement.

Quelle sera la place des assureurs dans ce schéma ?
La même que pour l’assurance santé : ils pourront développer des contrats complémentaires que nous taxerons au fur et à mesure des déficits que nous creuserons !

Propos imaginairement recueillis par Louis-Christian de Baudus