Chers comparateurs,

Chers comparateurs, vous voici de plus en plus nombreux sur internet, rivalisant d’imagination pour faire parler de vous.

Capter les visiteurs, proposer des devis, capter des assureurs, leur vendre des devis… Toute votre activité s’appuie sur ce rôle d’intermédiaire.

Vous avez créé le cercle vertueux de l’assurance : plus vous vendez de devis et plus vous trouvez d’acheteurs chez les assureurs. Plus vous trouvez d’acheteurs, et plus vous vendez de devis. Chacun peut se garder une niche : meilleur tarif sur les malussés, les habitants des grandes villes, les célibataires, les appartements au premier et que sais-je encore.

Vous avez un rôle de compilateurs. Quelques logos sur une page d’accueil, un formulaire, des tonnes d’informations récoltées, mises en boîte et immédiatement envoyées chez les « partenaires », terme assez hypocrite pour parler de véritables clients qui vous rémunèrent pour ça.

La profession se transforme dans l’intermédiation en assurance.
Nul besoin d’actuaires, de gestionnaires, d’équipe marketing, d’experts juridiques… Il suffit, si j’ose, d’une interface, de techniciens derrière, d’un sens du commerce aigu et de visiteurs, récupérés par tous les moyens. Car vous vendez avant tout de la fréquentation, du chiffre d’audience.

D’ailleurs, avec ces rapports si intimes avec le clic, la visite, les pages vues, le visiteur unique, le taux de rebond, le taux de sortie, faites bien attention, votre marché est convoité.

Car il ne faut pas se leurrer, les affaires sont les affaires et je peux d’ores et déjà vous l’annoncer : les comparateurs, bientôt, seront créés par d’autres secteurs qui n’avaient jusqu’à présent rien à voir avec l’assurance, mais qui profitent d’une audience respectable sur le net.
Industriels, médias, pourquoi pas vos cousins banquiers, les fondateurs de réseaux sociaux… Imaginez que Facebook sorte un comparateur ? A combien le ticket d’entrée pour un assureur ? Et combien de devis réalisé en un mois ? Et la situation pourrait se transposer avec tant d’autres !

Les assureurs ne pourront bientôt plus se passer de vous. Les internautes ne pourront bientôt plus se passer de vous. Internet ne pourra bientôt plus se passer de vous, mais vous, qui êtes de plus en plus nombreux, pourrez vous survivre ? Internet est l’avenir, mais l’avenir est parfois à la concentration. Car la question que de plus en plus d’internautes se posent – et nous posent – vous arrivera forcément : êtes vous indépendant ? Qui est derrière ?

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