Catastrophes naturelles : Les nouveaux modèles de RMS pourraient peser sur les assureurs

La société américaine de modélisation des catastrophes naturelles RMS a bousculé le secteur de l’assurance en publiant cette année ses nouveaux modèles américain et européen pour les tempêtes, qui pourraient peser sur les coûts des assureurs, voire sur les primes.

Le nouveau modèle, baptisé RMS (Risk management solutions) V11, réduit, pour son volet européen, la probabilité d’une tempête d’ampleur, mais revoit à la hausse le coût des dégâts pour une même tempête, explique Ryan Ogaard, vice-président de la gestion des modèles. Les assureurs voient donc leur exposition potentielle augmenter, selon le modèle, ce qui « pourrait stimuler la demande de réassurance », selon l’agence de notation Moody’s, et engendrer des coûts supplémentaires.

Les nouvelles versions de modèles mathématiques, qui sont en général publiées tous les six ou sept ans, mettent souvent au moins six mois à être digérées par le marché. Les assureurs doivent, en effet, soumettre leur portefeuille, qui pèse parfois plusieurs millions de contrats, à ce nouveau modèle pour évaluer les pertes potentielles consécutives à une tempête.

Ils les comparent ensuite aux hypothèses retenues jusque-là pour mettre en évidence un éventuel décalage. « Cela aura un effet extrêmement limité sur les renouvellements (de contrats de réassurance) de début 2012 », prévoit Renaud de Pressigny, directeur du développement et de la stratégie client au sein du courtier Gras Savoye, qui admet néanmoins qu’ « à plus long terme, cela pourrait avoir un impact plus significatif ».

« Les gens qui utilisaient ce modèle risquent d’en conclure qu’il faut augmenter de manière importante les tarifs » appliqués aux assurés en assurance dommage, observe un assureur sous couvert d’anonymat. Or, ces tarifs ont déjà été relevés en 2011 en France, notamment sous l’effet de la succession d’événements naturels d’ampleur (tempêtes Klaus en 2009 et Xynthia en 2010). « Il est très difficile de mesurer les conséquences (de ce nouveau modèle) sur le plan global », avertit M. Ogaard, pour qui elles peuvent grandement varier d’une compagnie à l’autre.

Paris, 13 sept 2011 (AFP)