Bris de glace / Assurance auto : Les réparateurs sont-ils responsables de la hausse des primes ?

Les relations entre assureurs et réparateurs automobiles ne sont pas toujours au beau fixe. La hausse des primes d’assurance peut-elle s’expliquer par le comportement des réparateurs ?

Lundi 4 juillet, l’Autorité de la concurrence a lancé une enquête sur les pratiques des réparateurs auto, dont les prix ont augmenté de 30 à 35% entre 1998 et 2007. Parmi eux, Carglass, présent sur un tiers de part de marché en bris de glace, est souvent montré du doigt. La Maif lui a notamment refusé son agrément en 2006.

L’association 40 millions d’automobilistes a publié en janvier 2011 un dossier dans lequel elle accuse Carglass de pousser à la réparation. Elle relie les tarifs pratiqués par l’enseigne et la hausse des primes d’assurance. La prime pure bris de glace a en effet augmenté de plus de 50% entre 2000 et 2009 (voir les chiffres de la FFSA et du GEMA).

Hausse de la fréquence depuis 2007

Un chiffre qui s’explique par la hausse du coût d’indemnisation du bris de glace : entre 2000 et 2009, il a augmenté de 45%, selon la FFSA . Depuis 2007, la hausse s’accélère, aussi bien en terme de coût qu’en terme de fréquence. Selon les chiffres de la SRA (Sécurité réparation automobile), la fréquence du bris de glace était de 81 pour mille en 2007. Elle est passée à 90 pour mille en 2009. Et rien qu’entre 2008 et 2009, cette fréquence a augmenté de 7,5%.

Pour Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du GEMA, « l’augmentation du bris de glace entre bien dans les critères qui poussent à la hausse des primes d’assurance », mais ce n’est pas la seule variable.

Les réparateurs sont-ils coupables ?

Selon Eric Girard, le Directeur général de Carglass interviewé par News Assurances, la hausse des primes d’assurance est surtout due à la hausse globale des sinistres, notamment en raison des événements climatiques. Selon lui, il faut analyser l’évolution de la fréquence du bris de glace sur ces dix dernières années, et non sur deux ou trois ans. En 2003, la fréquence du bris de glace était en effet supérieure (92 pour mille selon SRA) à celle de 2009.

Il rejette aussi les accusations qui ont été portées contre Carglass de faire augmenter les fréquences en promouvant la réparation des pare-brises dans les publicités. Pour lui, Carglass est simplement un bouc-émissaire.

Lire l’interview d’Eric Girard