Bilan tempête Xynthia : Un an après le passage de la tempête Xynthia, les assureurs ont versé plus des trois quarts des indemnisations

Un an après le passage de la tempête Xynthia, les assureurs ont versé plus des trois quarts des indemnisations, sur une facture totale de 1,5 milliard d’euros dont l’ampleur a été l’un des facteurs de la hausse des tarifs appliquée en 2011.

Environ 470.000 sinistres ont été déclarés dans 28 départements, en lien avec la tempête de la nuit du 27 au 28 février 2010, qui a fait 47 morts.
L’immense majorité des déclarations concernait les dégâts occasionnés par le vent et entrait dans le cadre de garanties de contrats automobile ou habitation.

S’ils ne représentaient qu’un peu plus de 10% des sinistres, les dommages liés aux inondations ont constitué environ la moitié du coût supporté par les assureurs. L’indemnisation de ces dégâts nécessitait la publication d’un arrêté de catastrophe naturelle, qui a concerné quatre départements.

Selon le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema), dont les membres avaient à honorer un quart de la facture, environ 80% du coût estimé
des sinistres a été effectivement versé aux assurés à fin décembre.
A ce jour, “il n’y a plus de dossiers en suspens, à tout le moins qui me remontent”, explique Yann Boaretto, chargé par la ministre de l’Economie Christine Lagarde de faciliter “un déroulement efficace et rapide des procédures d’indemnisation”.
Durant les mois qui ont suivi la tempête, il a reçu plusieurs centaines de dossiers.
“Les sinistrés ne comprennent pas toujours comment ça fonctionne, ils s’agacent, mais s’il y a eu quelques différends, ils ont été réglés”, explique-t-il. A sa connaissance, aucun contentieux entre assureur et assuré n’a été porté en justice.
Depuis le passage des tempêtes Lothar et Martin, en 1999, les assureurs ont beaucoup amélioré leur dispositif de gestion de crise en cas de catastrophe climatique et Klaus, en janvier 2009, a constitué une piqûre de rappel.

Allongement du délai de déclaration, relèvement du seuil d’expertise, avances sur indemnisation, mise en place de centres d’appels: plusieurs mesures ont été prises après Xynthia pour simplifier les démarches des assurés, selon les professionnels.

Grâce à des logiciels de modélisation, les assureurs parviennent désormais également à mieux prévoir les effets d’une catastrophe imminente.
En pointe sur les effets du vent avec son programme Coventeo, Covéa (MMA, Maaf et GMF) travaille à un projet de gestion de crues classiques de fleuves, baptisé Covigeo, mais qui ne concerne pas la submersion marine, en cause dans le cas de Xynthia. Pour ce phénomène, “il n’y a pas de moyen de prévision”,
explique-t-on chez Covéa.
La Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) a proposé, après Xynthia, la création d’un observatoire des risques naturels, qui compilerait les données de l’Etat et des assureurs.
L’idée a été reprise dans le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur Xynthia, sans résultat concret à ce jour.

Axa propose de son côté de faire varier la part de cotisation d’assurance habitation liée aux catastrophes naturelles (12% des primes aujourd’hui) “en fonction de la région dans laquelle on habite et des moyens de prévention qui sont mis en oeuvre par la commune”.

Pour l’heure, les assureurs doivent digérer le milliard et demi d’euros d’indemnisations liées à Xynthia, auquel se sont ajoutés depuis les 610 millions relatifs aux inondations du Var.

Déjà soumis à une inflation des coûts de réparation, les assureurs ont donc procédé, pour 2011, à de nouvelles hausses tarifaires, après celles de 2010, de 2,5% au moins pour l’automobile et de 3,5% pour l’habitation.

Paris, 19 févier 2011 (AFP)