Baromètre AXA 2008 de la Pension: Dès 25 ans, on se prépare à quitter la vie active.

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    Profiter de sa pension, voilà une préoccupation majeure des Belges, de 25 à 75 ans. Trois quarts des actifs associent la pension à des perspectives positives, et la Belgique se classe donc toujours parmi les pays les plus optimistes en Europe. Les plus jeunes pensent néanmoins qu’il y a peu de chances que leur vie à la pension soit meilleure que celle de leurs parents, mais ils savent qu’ils devront se préparer et travailler plus longtemps que leurs aînés. Pour financer leur pension, ils continuent à compter sur l’Etat, mais une grande majorité d’entre eux comptent également sur eux-mêmes et sur leur employeur. Dernière solution envisagée chez la moitié des personnes interrogées: manger son capital plutôt que de le transmettre aux héritiers. Et quoi qu’il arrive, vivre une pension heureuse!

    Ce sont les principaux enseignements de l’enquête réalisée par le bureau d’études Gfk pour AXA auprès de 600 Belges actifs et pensionnés. Ce sondage annuel s’inscrit dans une enquête internationale menée dans 26 pays par le Groupe AXA. Il s’agit de la 4e édition à l’échelle internationale et – déjà – de la 10e édition en Belgique.

    Quand partir à la pension? Le fossé entre aspirations et réalité.

    Idéalement, les travailleurs belges se voient prendre leur pension à 58 ans, tout en estimant que l’âge réel de leur départ à la pension sera de 62 ans. Les actifs se disent donc prêts à se retrousser les manches pendant 4 années supplémentaires par rapport à leur idéal. En 2000, l’âge idéal était de 56 ans et l’âge réel de 59 ans.

    Il faut ce qu’il faut, mais pas une année de plus…

    56% des actifs sont d’accord avec l’idée de postposer l’âge légal de la pension, avec un seuil maximum estimé à 63 ans. Concrètement, plus de la moitié des Belges partent à la pension avant l’âge minimum légal. C’est le cas pour 54% des pensionnés en 2007 (50% en 2005). Et ils partent de plus en plus souvent volontairement (72% contre 63% en 2005) et non sur invitation de la part de leur employeur.

    Et il faut pouvoir profiter de sa pension le plus longtemps possible!

    63 ans est perçu comme l’âge limite de capacité de travail professionnel… Pourtant, les répondants considèrent qu’une personne ne devient « âgée » qu’à 73 ans. Et les pensionnés vont plus loin, en s’estimant âgés à partir de 76 ans. Si l’on tient compte de l’âge du départ à la pension, cela laisse 11 ans de « bonus » aux actifs et 16 ans aux pensionnés entre leur départ réel à la retraite et le fait de devenir une personne âgée.

    Avec un peu de repos bien mérité, mais tout en menant une vie bien remplie…

    Les images liées à la pension sont principalement positives : se reposer, profiter de la vie, voyager, prendre du temps pour soi, sa famille, ses loisirs, etc. Il s’agit donc d’une période très active et positive de la vie ; une représentation cependant assombrie par le spectre de la vieillesse (souci de santé, dépendance, mort) chez 29% des pensionnés et de la pauvreté (7% contre 2% en 2000).

    Des perspectives moins roses de génération en génération.

    77% des pensionnés pensent aujourd’hui avoir une vie meilleure que celle de leurs parents pensionnés. Cependant, chez les actifs de moins de 34 ans, ils ne sont plus qu’un quart à penser qu’ils auront une pension meilleure que leurs parents. Ces perspectives en demi-teinte contrastent fortement avec la vision plus optimiste des actifs anglo-saxons, chinois ou indiens quant à leurs vieux jours.

    Et des incertitudes toujours bien présentes au niveau financier.

    Pour 86% des Belges – actifs comme pensionnés – le revenu total de la pension sera/est inférieur au dernier salaire perçu. Celui-ci sera-t-il cependant suffisant ? L’avis est partagé : un sondé sur deux pense que oui, mais cette proportion tend à diminuer au fil des ans avec 65% d’avis positifs en 2004. De fait, le déficit entre les besoins du ménage et les revenus de pension disponibles s’élève aujourd’hui en moyenne à 271 euros, pour un revenu net mensuel de 1246 euros (contre 117 euros en 2000 pour une pension légale de 1281 euros).

    Toutefois, les Belges gardent confiance dans la qualité et leur niveau de vie…

    Malgré les appréhensions liées aux revenus de la pension, ni le niveau ni la qualité de la vie à la pension ne semblent affectés. Le niveau de vie reste constant ou s’améliore dans sept cas sur dix, tant chez les pensionnés que dans la perception des actifs. Quant à la qualité de vie, il en va de même pour plus de 80% des sondés, la moyenne internationale étant de 73%.

    Les Belges ont pris les devants et se préparent de plus en plus – et de plus en plus tôt!

    Avec 75% des actifs qui préparent financièrement leur pension – contre 54% en 2000 – la Belgique se situe dans le trio de tête des pays où les actifs préparent leur retraite, après les Etats-Unis et la République Tchèque. Ce phénomène est d’autant plus interpellant que les Belges s’y prennent tôt : à 31 ans en moyenne, voire dès 27 ans pour les actifs de moins de 44 ans et… 25 ans chez les 25-34 ans ! Ce qui est beaucoup plus précoce que la plupart des pays sondés. Les principaux incitants sont les avantages fiscaux, ainsi que les conseils financiers émanant de professionnels ou de connaissances.

    Le gouvernement reste un pilier auquel on croit, mais pas uniquement…

    Le gouvernement reste majoritairement, à plus de 90%, l’institution qui doit assurer le financement des pensions de tout un chacun. Cependant, chez les actifs de 25 à 34 ans, pas moins de 83% estiment que l’individu a également une responsabilité pour le financement de sa pension. 71% des actifs et des pensionnés interrogés pensent aussi à l’employeur comme source de financement de la pension.

    Autre solution envisagée: manger son capital, mais vraiment si c’est nécessaire!

    48% des pensionnés disent préférer garder leur capital afin de le léguer à leurs héritiers. Tandis que la moitié des actifs (53%) se disent prêts à dépenser ce capital. Cependant, cette idée reste en balance: 12% des pensionnés et 7% des actifs ne le savent pas encore, une telle décision dépendant sans doute de leurs besoins à venir.

    Résumé chiffré des tendances principales du Baromètre AXA de la pension 2008:

    • Depuis 2000, l’âge auquel on pense partir réellement en pension a reculé de 3 ans: de 59 ans à 62 ans; en 1 an, cet âge attendu de départ à la pension est passé de 61 à 62 ans.
    • 54% des pensionnés interrogés ont quitté la vie active avant l’âge légal de la pension.
    • Chez les actifs de moins de 34 ans, ils ne sont que 25% à penser qu’ils auront une pension meilleure que leurs parents contre 77% des pensionnés. Et seulement 20% des actifs interrogés pensent que leurs enfants auront une meilleure vie à la pension.
    • 74% des actifs continuent à associer la pension à des éléments positifs.
    • Le déficit entre les besoins du ménage et les revenus de pension disponibles s’élève aujourd’hui à 271 euros, pour un revenu net mensuel de 1246 euros. En 2000, il était de 117 euros.
    • Le Belge commence à préparer sa pension en moyenne à l’âge de 31 ans (contre 42 ans en 2000).
    • Dans le groupe des 25-34 ans, le Belge commence même plus tôt, dès 25 ans.
    • Dans ce même groupe des 25-34 ans, 83% pensent que l’individu lui-même doit assurer sa pension.
    • Plus de la moitié des actifs envisagent de dépenser le capital qu’ils auront constitué.
    Autres enseignements du Baromètre AXA de la pension:

    • 93% des Belges pensionnés se déclarent heureux.
    • 43% des actifs se disent prêts à exercer une fonction rémunérée une fois à la retraite.
    • Une majorité de Belges actifs (63 %) estime que les hommes sont plus susceptibles de s’ennuyer que les femmes (17%), et les juge plus exposés aux problèmes de santé après la pension (62% pour les hommes contre 10% pour les femmes).
    • Le soutien attendu des enfants lors de la pension est moral plus que matériel: pour 9 personnes sur 10, la présence des enfants est essentielle.
    • Les pensionnés belges sont tout aussi sensibles à la problématique du changement climatique que les actifs, mais ces derniers sont plus enclins à agir personnellement contre cela (63% contre 54% des pensionnés), en changeant leurs habitudes avec respectivement 89% et 80% et en payant plus cher pour des produits plus écologiques, respectivement 68% et 64%.