Assurance-vie : Les “robo-advisors” pour pousser vers les unités de compte ?

La fintech prend de l’ampleur et attire les regards du secteur de l’assurance en se positionnant, pour certaines start-up, sur la gestion des portefeuilles d’assurance-vie en ligne. Un moyen d’inciter les clients en assurance-vie de franchir le pas en diversifiant leurs actifs.

Le big data est une révolution digérée depuis longtemps par les spécialistes en gestion d’actifs. Ces derniers ont en effet construit des algorithmes pour tenter de prévoir les évolutions du marché, comme Météo France essaie de prévoir la pluie et le beau temps. Ils sont basés sur des statistiques compilées depuis des décennies et qui permettent de dessiner des tendances et des stratégies d’investissement. “L’innovation réside dans le fait des les mettre entre les mains du grand public”, souligne Léonard de Tilly, cofondateur de Fundshop, jeune pousse de la Fintech.

La start-up mise ainsi sur la démocratisation d’outils jusque-là réservés à des spécialistes. Son application web permet en effet de définir des arbitrages sur une dizaine de contrats d’assurance-vie des partenraires référencés (ING, Boursorama, Assurancevie.com…). L’utilisateur importe son contrat. Ce dernier est décrypté. “On lui propose ensuite d’optimiser sa performance en sélectionnant les fonds d’investissement éligibles sur son contrat”, poursuit Léonard de Tilly.

Le client dispose de deux curseurs. Un pour définir son niveau de risque et un autre pour définir son niveau de performance souhaité. Lorsque les deux sont compatibles, le robo-advisor construit le portefeuille optimal. Des alertes sont ensuite envoyées tout au long de la vie du contrat, pour réaliser des arbitrages par exemple. Il ne reste plus qu’à appliquer les consignes sur le contrat dans l’espace gestion de son contrat.

Car pour le moment, Fundshop n’est pas plugué sur la vie des contrats et ne permet pas une gestion de ces derniers depuis son application web. “C’est la prochaine étape à franchir”, explique Léonard de Tilly.

Le marché en vue est colossal avec plus de 1.500Mds d’euros de stocks en assurance-vie. Fundshop dispose pour le moment d’un stock d’environ 35M d’euros. Et pour les assureurs, ces robo-advisors sont une opportunité de pousser les clients vers les unités de compte en leur permettant de définir un niveau de risque acceptable allié à un rendement possible plus attractif que les classiques fonds euros voués à être de moins en moins rémunérateurs.

Les poids lourds ne s’y trompent pas. Crédit Mutuel Arkéa et la Financière de l’Echiquier ont tous les deux investis sur Yomoni, une start-up de la fintech sur le même segment. Une différence tout de même, Yomoni aura également la casquette de courtier en proposant la souscription de contrats. Fundshop souhaite, de son côté, se cantonner au rôle de conseiller. “Nous nous positionnons comme outil d’aide pour les particuliers et les intermédiaires. Pas comme concurrents”, lance Léonard de Tilly.

Car au-delà du marché du client final, Fundshop vise les courtiers, les CGP et les agents généraux. Des discussions sont d’ailleurs en cours avec les principaux acteurs de l’assurance-vie en France pour équiper leurs réseaux. Un moyen de diversifier les revenus. Car le modèle économique repose pour le moment sur un système d’abonnement (9 euros par mois). Equiper les intermédiaires lui permettrait d’ajouter le modèle d’éditeur de logiciel à ses sources de revenus.

Pour assurer sa croissance, Fundshop prépare une nouvelle levée de fonds, un an après avoir bénéficié de 300.000 euros de la part d’Axa Strategic Venture. Elle devrait avoir lieu à la rentrée.