Résultats 2011 : Les cotisations d’assurance-vie baissent de 14% après 4 mois de décollecte

L’année 2011 s’est bien achevée sur quatre mois de décollecte et les cotisations en assurance-vie ont chuté de 14% à 124Mds d’euros, a annoncé la FFSA au cours d’une conférence de presse. L’encours en revanche est en hausse de 2%.

En baisse de 14% à 124Mds d’euros, les cotisations 2011 ont atteint le niveau de 2008 (122,4Mds). Crise économique oblige, les épargnants ont redirigé leur épargne sur des produits plus liquides. Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA, a évoqué la corrélation entre l’indice de confiance des ménages livré par l’Insee et les collectes en assurance-vie : « Depuis 18 mois, l’indice de confiance des ménages baisse et entraîne une préférence pour le court-terme, ce qui impacte négativement l’assurance-vie. »

A 1.362Mds d’euros, l’encours vie a en revanche augmenté de 2% en 2011 par rapport à l’année précédente. Ce qui explique qu’il y ait plus de sorties selon la FFSA : les prestations vie sont en effet en hausse de 25% à 116,4Mds d’euros. « Le taux de sortie des contrats étant comparable à celui de l’année 2008 »,  précise le secrétaire général.

Comparé à cette année, « La crise de 2008 avait entraîné une répercussion plus forte puisque l’encours assurance-vie était alors resté stable par rapport à 2007 », a remarqué M. Lequoy. La collecte reste positive sur l’ensemble de l’année à 7,6Mds, mais décembre tombe sans surprise dans le rouge (vif), à -3,8Mds d’euros. La FFSA prévoit cependant des résultats en amélioration en janvier.
Si la fédération minimise les effets de la décollecte, confirmée pour décembre pour le quatrième mois consécutif,  l’argent de l’assurance-vie a pourtant bien filé. Mais où ?

48% des rachats dans un but de consommation

Les rachats, partiels dans 74% des cas, ont été effectués dans un objectif de consommation (à 48%).  22% étaient destinés à l’immobilier quand 13% se sont écoulés en direction de placements financiers. La moitié s’est réalisée sur des montants inférieurs à 50.000 euros, 18% pour des montants supérieurs à 250.000 euros.

« Les ménages puisent dans l’assurance-vie pour épargner vers des produits bancaires, voire pour se désendetter », analyse M. Lequoy, qui note une « aversion à l’endettement » des ménages. Avec la crise financière, les Français ont donc modifié leur comportement d’épargne en faveur des liquidités.

L’assurance-vie conforte néanmoins sa place de premier pilier de l’épargne longue des Français (56%), la moyenne des rendements se confirmant autour des 3% pour 2011, contre 3,4% en 2010. La FFSA rappelle que ceux du Cac40 ont chuté de 17%.

Les assureurs soutiennent les PME

La FFSA relève par ailleurs une constance du côté des placements des assureurs, l’ensemble s’élevant à 1.713,1Mds d’euros. Soit une augmentation de 1,6%. La balance de la répartition penche du côté des actifs d’entreprises qui représentent 54% des placements. 925Mds d’euros sont donc investis par les assureurs dans les entreprises, dont 435Mds en France.

Si Solvabilité II n’est pas favorable à l’investissement dans les entreprises, Bernard Spitz, président de la FFSA a néanmoins souligné le rôle des assureurs dans leur financement avec 3Mds d’investissements nouveaux dans les PME. Et de rappeler que la Cour des comptes a remis les pendules à l’heure en précisant dans son dernier rapport que la priorité de l’assurance-vie résidait dans la préservation de l’épargne longue en France et non dans le financement de telle ou telle partie de l’économie. Les obligations d’états représentent par ailleurs 33% des actifs des assureurs qui détiennent 16% de la dette française.

M. Spitz a enfin précisé ne pas craindre pour l’assurance-vie au sujet d’éventuels changements politiques qui pourraient s’opérer en cours d’année, notamment si le plafond du livret A devait doubler, à partir du moment où « la priorité est donnée à l’épargne longue et que la politique globale est cohérente avec cette priorité. »

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