Assurance / Marché : Vers une segmentation différente des tarifs ?

Lors de la dernière réunion du CORA, différents acteurs du secteur se sont réunis pour évoquer la régulation de l’accès aux informations personnelles dans l’assurance et par conséquent la segmentation des tarifs du marché.

Le CORA (Conseil d’Orientation et de réflexion de l’Assurance) s’est réuni il y a quelques jours pour débattre de la régulation de l’accès aux informations personnelles des assurés. L’occasion de parler aussi de la segmentation des tarifs ( fixer librement le prix d’une assurance en fonction du profil des assurés et des risques qu’ils représentent) qui dépend directement des données fournies par les clients.

Il faut savoir que chaque ménage souscrit en moyenne sept contrats d’assurance ( automobile, habitation, vie-décès, épargne, santé, assistance, protection juridique). La collecte d’informations de la part des assureurs (âge, sexe, état de santé), même si elle est règlementée, est donc très importante. Par conséquent, la segmentation est elle-même encadrée par le législateur pour éviter de pénaliser et d’exclure un trop grand nombre de personnes du système assurantiel.

Faire évoluer le système de segmentation

La question que pose le CORA est finalement de savoir s’il est possible ou souhaitable pour les assureurs de segmenter moins, d’avantage, ou autrement ? Pour certains, la segmentation a outrance n’est pas bonne en terme d’image pour les compagnies d’assurance. N’assurer que les « bons risques » entrainerait une « Une négation de l’utilité sociale de l’assurance » selon Alain Obadia, membre du CORA et du Conseil économique et social.

Pour d’autres, comme le philosophe François Ewald, membre du CORA, professeur au CNAM et directeur de l’École nationale d’assurances, il serait possible de segmenter encore autrement que par l’accès aux données personnelles de l’assuré, notamment pour les contrats d’assurance emprunteur « « N’est-ce pas ce qui se pratique déjà dans le cadre de la Convention Aeras ? S’il s’agit de petits capitaux, la mutualisation suffit. S’ils sont plus importants, un questionnaire devrait être envisagé et le patrimoine évalué », déclare ce dernier.

Entre refus de mutualisation pour certains, et proposition de tarification plus grande pour les risques choisis (le fait de fumer) par rapport aux risques subis (ceux liés à l’âge), le débat a également permis de montrer l’importance capitale des pouvoirs publics dans les relations entre assureurs et assurés à l’image de la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé).

(Sources : FFSA)